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lundi 22 août 2016

Voici venir les rêveurs



Auteur : Imbolo Mbue
traducteur : Sarah Tardy

Genre : contemporain
Editons : Belfond
Parution : 18 août 2016
Nombre de pages : 300

Broché : 22 € ; Numérique : 14 € 99



Avant toute chose je tiens à remercier les éditions Belfond pour leur confiance.


Présentation de l'éditeur :


Aux États-Unis et au Cameroun, en 2007.
Nous sommes à l’automne 2007 à New York et Jende Jonga, un immigrant illégal d’origine camerounaise, est en passe de réaliser son rêve : après avoir été plongeur et chauffeur de taxis, il vient de décrocher un emploi de chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier à la Lehman Brothers. Pour Jende, tout est désormais possible : il va enfin pouvoir offrir à Neni, son amoureuse, les études de pharmacienne dont elle rêve. Et surtout, pour les Jonga, le Graal est en vue : obtenir leur carte verte et devenir enfin des Américains.
Mais rien n’est simple au pays de l’American Dream. Entre Jende, loyal, discret, compétent, et son patron Clark, noyé dans le travail et les difficultés de la banque se noue une vraie complicité. Les deux familles se rapprochent, mais si les Jonga sont soudés malgré l’épée de Damoclès de l’expulsion, les Edwards sont en proie à de nombreux problèmes. Pour tous, l’interminable demande d’asile des Jonga et la menace d’éclatement de la bulle des subprimes vont remettre en question leurs certitudes…

Mon avis :


L'Amérique est-elle, vraiment, un eldorado ?

Comme Jede et Neni, nombreux sont ceux qui rêvent de la Green Carte. Mon fils, le premier. Mais qu'a-t-elle donc cette ensorceleuse, pourquoi les hommes rêvent-ils, tous, ou presque du rêve américain ?
Si je ne me suis pas réellement attachée aux personnages, j'ai en revanche beaucoup apprécié le point de vue de l'auteur. Qui a su me surprendre, par les choix, et réactions de ses héros. Même si bien évidemment, je n'étais pas toujours d'accord. Je vais laisser parler mon côté féministe, en tant que femme, j'ai été effarée de l'opinion que l'auteur donne des femmes. Je ne m'attendais pas, à ce qu'une auteure féminine, soit si dure, avec les personnages de son propre sexe.
Si la famille américaine, est très caricaturale, le magnat véreux, la bimbo parvenue, l'idéaliste. Il en va-tout autrement des JongaJede est loyal et serviable, il pourrait presque passer pour un poltron, alors que Neni, semblait érudite, la tête sur les épaules, en seulement quelques mois, elle évoluera, de façon, peu recommandable.
J'imagine bien que l'immigration et le regard des autochtones doivent profondément changer les êtres qui vivent cette expérience. Mais je reconnais avoir été déçue par les choix et actes de Neni. Car c'était ma préférée au départ. J'aurais supporté une bassesse de la part de Jede (que voulez-vous, c'est un homme), mais pas de sa femme, oh non hé.

Ces rêveurs de Imbolo Mbue ne vous laisseront certainement pas indifférent, que vous adhériez, à leurs choix, ou non, ils vous feront invariablement réfléchir sur l'immigration. Et sauront vous dépayser grâce au style de Imbolo Mbue qui a su transcrire cet accent chantant, cette musicalité que les Camerounais, ont dans la voix et le geste, un plaisir à lire. Une fin qui m'a surprise, en offrant des aspects auxquels je n'avais pas pensé.
En un mot, une très belle découverte.

Morceaux choisis :

"il se demandait souvent s'il valait la peine de quitter son pays pour partir en quête d'une chose aussi futile que l'argent."

"Tu sais de quoi je m'aperçois ? lui demanda-t-il.
_ De quoi ? dit-elle en le regardant avec adoration.
_ Que nous sommes assis au centre du monde."
Elle se mit à rire.
"Toi, tu es drôle, répondit-elle.
_Non, regarde. Colombus Circle est le centre de Manhattan. Manhattan est le centre de New York. New York est le centre de l'Amérique, et l'Amérique est le centre du monde. Donc, nous sommes assis au centre du monde, eh ?"





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