Mes dernières chroniques




mercredi 27 avril 2016

Nos années sauvages


Auteur :  Karen Joy Fowler
Traducteur : Karine lalechère

Titre Original : We Are All Completely Beside Ourselves

Genre contemporain

Edition : Presses de la cité

Parution :  21 avril 2016

Pages : 368
Prix Broché : 21€ Prix numérique : 14€99




Avant toute chose je tiens à remercier Babélio les éditions Presses de la cité pour leur confiance.

Présentation de l'éditeur :


Il était une fois deux sœurs, un frère et leurs parents qui vivaient heureux tous ensemble. Rosemary était une petite fille très bavarde, si bavarde que ses parents lui disaient de commencer au milieu lorsqu'elle racontait une histoire. Puis sa sœur disparut. Et son frère partit. Alors, elle cessa de parler… jusqu'à aujourd'hui. C'est l'histoire de cette famille hors normes que Rosemary va vous conter, et en particulier celle de Fern, sa sœur pas tout à fait comme nous…


Mon avis :



Une très belle surprise, une très bonne découverte, malgré les quelques longueurs du milieu. Le milieu, parlons en justement du milieu, puisque c'est précisément là, que notre héroïne et narratrice Rosemary commence son histoire. Car comme le lui a si souvent répété sa mère, lorsque tu as deux choses à dire, (puis trois) va directement au milieu. Car Rosemary est une pipelette de première. Du moins, était une pipelette de première, avant cet événement qui déchira sa famille, et la plongea petit à petit dans le silence.

Si j'ai aimé la Rosemary adulte, j'ai été touché par la Rosemary enfant, la passionnée de mot, (comment pouvait-il en être autrement). Ce bout chou qui se délecte des sonorités, au même titre que d'autres savourent des friandises.


On peut être perturbé par le style de l'auteur ( je l'ai été aussi), Rosemary nous raconte son histoire, certes, mais pas de façon linéaire, comme l'on pourrait s'y attendre. Tout est décousu, on passe du passé au présent constamment. Donnant l'impression d'un manque de structure, voir même de brouillon, (le mot n'est pas trop fort). J'aime l'idée que l'auteure elle-même s'est parfois sentie dépassée par son héroïne " Mes chères amies Pat Murphy and Ellen Klages, qui m'ont montré comment sortir de l'impasse littéraire dans laquelle je m'étais fourvoyée.(Cf : remerciements).


Elle arrive à donner une telle crédibilité à tout ça, que j'ai même pensé qu'il s'agissait réellement d'une histoire vraie, d'autant plus que j'avais déjà lu, un témoignage (véridique, celui-ci) sur cette expérience. Alors lorsque j'ai compris que tout cela n'était en fait qu'un roman, imaginez mon étonnement. Mais comme l'a si justement dit Boris Vian " Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai inventé d'un bout à l'autre." Ah, je suis frustrée, j'aimerais tellement mieux vous expliquer les choses, mais je crains que d'en dire plus, risquerait de spoiler bêtement. Il est important pour l'apprécier à sa juste valeur que vous le découvriez au maximum par vous-même.

Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'un terrible événement va déchirer cette famille. Briser Lowell le frère de Rosemary, plonger cette dernière, dans un profond sentiment de culpabilité. En relatant son histoire, elle ouvre petit à petit les vannes, et se remet à parler, laissant libre cours à ses souvenirs. Faisant ainsi un travail de reconstruction. Quant au style de l'auteur, je le trouve pertinent, car au fond, lorsque les souvenirs remontent à la surface, c'est rarement dans un ordre chronologique.



Avec "Nos années sauvages" Karen Joy Fowler, nous offre un incroyable roman, à la fois, beau et perturbant. Voir limite dérangeant. Il traite à la fois d'Amour avec un grand A, et de barbarie tant par stupidité que cupidité. Jusqu'où l'homme est-il prêt à aller pour les "besoins de la science !"



Morceaux choisis :

Mon père était professeur d'université, et pédant jusqu'à la moelle. De même que chaque cerise contient un noyau, chaque conversation avec lui recelait une leçon. Aujourd'hui encore, la seule mention de la méthode socratique me donne envie de mordre.


Ils persistaient à prétendre que nous étions une famille unie, qui discutait à coeur ouvert et se soutenait dans l'adversité. Quand on songeait à l'absence de mon frère et de ma soeur, une telle aptitude à se leurrer tenait du prodige. C'en était presque admirable. Mais soyons clairs. Nous n'avons jamais été cette famille.


Mais le FBI nous avait dit que mon frère se trouvait à Davis au printemps 1987, un an après qu'il avait quitté la maison, et le gouvernement ne peut pas avoir toujours tort, même une horloge cassée donne l'heure juste deux fois par jour.

Au moins, nous étions à la gare. C'était l'avantage des aéroports et des gares, on pouvait y verser toutes les larmes de son corps sans attirer l'attention. Je m'étais rendue une fois dans un aéroport rien que pour ça.

Mon frère et ma soeur ont eu une vie extraordinaire, mais je n'étais pas là et je ne peux pas vous raconter cette partie de l'histoire. Je m'en suis tenue à celle que je connaissais, la mienne. Cependant tout ce que j'ai dit ne parle que d'eux, un contour à la craie de l'espace qu'ils auraient dû occuper. Trois enfants, une histoire.



2 commentaires:

  1. Je viens aussi d'écrire mon billet et je parcours les blogs pour lire ceux des autres :D
    En effet, c'est un roman perturbant mais pour le style, ce n'est pas l'absence de chronologie qui m'a dérangée, ce sont les digressions continuelles, notamment sur la psychologie et la philosophie... j'ai trouvé ça... long :/
    Au plaisir de te lire,
    Cajou

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    1. Ah oui je comprends, c'est vrai que parfois ça peut-être rébarbatif. Je vais aller lire ta chronique avec plaisir.

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