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vendredi 1 avril 2016

La fille du froid

Couverture La fille du froid

Auteur :  Rupert Thomson
Traducteur : Sophie Aslanides

Titre Original : Katherine Carlyle

Genre contemporain

Edition : Denoël

Parution :  10 mars 2016

Pages : 384
Prix Broché : 22€50 Prix numérique : 15€99



Avant toute chose je tiens à remercier les éditions Denoël pour leur confiance.


Présentation de l'éditeur :


Katherine Carlyle naît à la fin des années 1980 grâce à une fécondation in vitro. L'embryon a été congelé durant huit ans, avant d'être implanté dans le ventre de sa mère. Katherine grandit dans une famille aisée et aimante. Pourtant, les réminiscences de ces huit années restent profondément ancrées en elle. Lorsque sa mère meurt d'un cancer, Katherine a dix-neuf ans et se retrouve isolée avec un père de plus en plus distant. Fantasque et libre d'esprit, elle semble toutefois mener une vie légère et séduisante. Pourtant, quelques semaines avant d'entrer à l'université d'Oxford, Katherine disparaît sans un mot. Elle se lance alors dans un étrange voyage au bout du monde, se dirigeant toujours plus vers le froid. Katherine compte ainsi mettre à l'épreuve l'amour paternel, faire le deuil de sa mère et s'émanciper enfin. Ce roman profond et émouvant offre une variation fascinante du mythe des origines. La Fille du froid s'annonce comme le chef-d'oeuvre de Rupert Thomson.


Mon avis :


J'ai découvert Rupert Thomson, l'an dernier, avec son titre "Noces de cire". À bien y réfléchir, je trouve qu'il y a pas mal de points communs entre ces deux histoires. Les personnages tout d'abord, certes Katherine Carlyle est beaucoup plus jeune que Zummo, mais tout comme lui, cette nouvelle héroïne s'est lancée dans une quête identitaire.

C'est une torturée, comme le sont souvent les adolescents, en mal de vivre. Cherchant une liberté, qui sonne comme une menace à l'attention de son père. Ce père reporter, qui brille par ses absences et ses silences. Orpheline de mère, morte quelques années plus tôt d'un cancer. Dont elle se rend responsable, persuadée que cette dernière a contracté cette maladie, à la suite de sa naissance.

Des ressemblances dans le découpage, une fois de plus en trois parties. Correspondants a un moment précis du périple de la jeune fille. Une fois de plus Rupert Thomson, nous livre l'histoire du point de vu de son héroïne, avec cette particularité qui semble décidément être propre à l'auteur de mélanger réel et imaginaire.
Seulement cette fois-ci, j'ai été plus intriguée, était-ce que Katherine rêvait ? Fantasmait ? Avait-elle des visions ? Je crois, surtout sur la fin, qu'il y a un peu de tout cela.
Le tout servit par une plume fluide, j'ai presque envie de dire poétique, comme le sont certains contes. Je pense que c'est d'ailleurs comme cela qu'il faut le voir, comme un conte, ce qui expliquerait le flou de certains passages, les retournements un peu faciles, et le fait que les personnages secondaires, ne semblent être là que pour servir de tremplin à l'héroïne.

Enfin, j'ai adoré l'idée de base de l'auteur, Katherine est ce qu'on appelle un bébé éprouvette, seulement avant d'être inséminé, l'embryon, est resté 8 ans congelés. Rupert Thomson, part de l'éventualité que les cellules du corps humains sont douées de leur propre mémoire. Et que c'est cette dernière qui pousse son héroïne à poursuivre cette quête vers le froid.

Laissez-vous envoûter par cette quête aux allures de conte enchanteur. Rupert Thomson, nous offre ici un livre complet mêlant savamment, les histoires, du réel et de l'imaginaire, comme il sait si bien le faire.  

Bravo pour le travail de traduction qui reflète bien le texte original. En effet, j'étais curieuse de voir si la plume de l'auteur, et la traduction étaient fidèles (ce n'est pas toujours le cas, croyez-moi) alors je me suis procuré un extrait original pour comparer, et c'est tout aussi agréable.

Morceaux choisis :

<< La première fois que je t'ai vue, dit-il, mon cœur s'est senti vraiment étrange. >> Il jette un bref regard. <<Comme s'il était trop gros pour mon corps.>>
La première fois que je t'ai vue... Je laisse échapper un soupir. Non que ce soit désagréable à entendre, ni que je sois gâtée ou arrogante, ou vaniteuse. C'est juste que les gens disent des choses, et ils attendent d'être payés de retour, comme si leurs compliments étaient un mot de passe ou un tribut, comme s'ils étaient eux-mêmes ingénieux, braves, méritant d'être récompensés, et peut-être qu'ils le sont, mas ça me fatigue. 


Tanzi demande quel âge j'ai.
Je lui réponds.
<<Dix-neuf ans>>, dit-elle d'un ton rêveur, comme on pourrait dire  <<diamants>> ou <<caviar>>.
Cheadle éteint son cigare. <<Le truc, c'est que, quand on est jeune, on ne fait qu'ajouter des choses. Accumuler. Même les expériences négatives contribuent à donner à donner la somme de ce qu'on est. Quand on est plus âgé, c'est différent.
_ Qu'est-ce qui change ?
_ On est comme une batterie qui se vide. On a moins d'énergie, et on ne peut pas être rechargé aussi facilement. Un jour viendra où on ne pourra plus être rechargé du tout. Quand la batterie est morte. Avant ça, il y a une période où ça vacille. Tout essaie de s'éloigner, de s'échapper.


Les gens âgés pensent souvent qu'ils en savent plus que les jeunes, simplement parce qu'ils sont là depuis plus longtemps, mais ce n'est pas forcément le cas. Ils peuvent se tromper sur certaines choses autant que n'importe qui d'autre.




2 commentaires:

  1. J'ai été intrigué par le titre et le résumé, ta chronique comble attente, j'ai bien envie de découvrir cette quête et cet auteur.

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    1. J'en suis ravie, n'hésite pas à me dire ce que tu en auras pensé.

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