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26.2.16

Un si joli mois d'août


Auteur :  Pierre-Etienne Musson

Genre romance historique

Edition : Denoël

Parution :  18 février 2016

Pages : 448

Prix  broché : 21 € 90







Avant toute chose je tiens à remercier les éditions Denoël pour leur confiance.


Résumé :


Août 1914, la déclaration de guerre vient bouleverser le quotidien tranquille des villageois
de Nouan-le-Fuzelier en Sologne. Antoine Richerand, l'instituteur, est mobilisé et part pour le front laissant derrière lui sa ravissante épouse Inès, effondrée de voir contrariés ses
projets d'avenir et d'ascension sociale.
Au printemps 1915, Antoine est grièvement blessé par un éclat d'obus et est hospitalisé à Paris. Inès lui rend visite régulièrement et s'efforce de tenir son rôle d'épouse aimante.
Pourtant, derrière la blessure physique d Antoine se révèlent bientôt des lésions psychiques plus sournoises provoquées par les horreurs du front. Tantôt prostré, tantôt en proie à des
accès de violence, Antoine est devenu un étranger. Exténuée par ses incessants voyages et désespérée par le comportement inquiétant de son mari, Inès se met à rêver d une autre
vie... Un jour sur les quais de Seine, elle fait la connaissance d'Isidore Lambiot, un vieux garçon, un peu excentrique. Emu par la détresse de la jeune femme, celui-ci propose de
l'héberger et de lui venir financièrement en aide. Dès lors, Inès va devoir choisir...



Mon avis :



Au travers du couple RicherandPierre-Etienne Musson, nous fait vivre une partie de l'Histoire, celle de la grande guerre. S' il aborde les combats, et ses horreurs, c'est surtout le côté psychologique, qui est mis en valeur.

Comment, ces hommes partirent confiant, bien trop confiant, à la guerre, "On sera à noël à Berlin", se sont retrouvés démunis face à l'artillerie lourde des Allemands. Ils n'étaient tout simplement pas armés pour leur faire face.

L'auteur a su parfaitement mettre en lumière, les différences entre les hommes au front, et le reste de la population, resté à l'abri, dans les villes et les villages, ceux qui n'entendaient de la guerre, que ce que les journaux avaient le droit de rapporter.

Comment cette guerre a décimé des villages entiers en seulement quelques jours de combats. Détruit des familles, des couples, et pas seulement par la perte, de l'être cher. Meurtrie des hommes, dans leur chaire, et au plus profond de leur âme.

L'horreur semble toujours plus violente, voire atroce, lorsqu'elle nous parle, et comme l'auteur à situé l’histoire en Sologne, forcément, j'ai été plus que marquée par ce texte, revoyant très bien le monument évoqué lors de l'épilogue.

J'ai apprécié qu'Antoine soit maître d'école, et non-simple paysan, (attention, ne me faite pas dire, ce que je n'ai pas dit). Encore un aspect de cette guère cruelle, qui ne faisait pas de différence, les érudits n'étaient ni mieux armés, ni épargnés par les névroses traumatiques.

Enfin si vous avez suivi la page FB du blog, lors de cette lecture programmée lors d'un week-end à mille, vous savez que je ne me suis pas du tout, attachée à Inès la femme d'Antoine. Complètement à l'opposer de la douce et courageuse Amélie, d'Henri Troyat, elle est frivole et égocentrique. Elle m'a tellement fait penser à Catherine Deneuve dans "Belle de jour" que je la voyais bien finir dans une maison close. J'ai d'ailleurs souris à la subtilité de la fin.

Pierre-Etienne Musson, signe ici un premier roman très réussi, savant mélange de romance et d'Histoire. Où comme un puzzle, la trame se révèle par petite touche.
Magnifique et passionnant.



Morceaux choisis :


On va marcher longtemps comme ça ? J'ai déjà mal aux panards ! Si ça se trouve, on est déjà en Allemagne ! ouh, ouh, les Boches, vous êtes où ? Alors comme ça, on veut jouer à cache-cache dans le brouillard ? Attention où tu mets les pieds, Lucien, il y a un tas de merde juste devant ! Trop tard, j'espère au moins qu'c'était le pied gauche !


inès était bien payée, deux francs cinquante par jour, plus du double de la solde de lieutenant d'Antoine. A y songer, c'était d'ailleurs ahurissant de gagner davantage ici, au chaud, au sec et à l'abri des quatre murs de l'usine, que sur un champ de bataille où l'on risquait sa vie à chaque instant. La République avait une étonnante grille de rémunération pour ses défenseurs. 


Maurice était comme eux, un soldat qui avait connu les pires horreurs au front. Qu'il soit à la ville curé ou maquereau ne changeait rien. 






1 commentaire:

  1. J'ai moi aussi beaucoup apprécié cette lecture ! Comme toi, j'ai eu du mal avec Inès

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