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vendredi 19 février 2016

Le gardien de nos frères



Auteur :  Ariane Bois

Genre  Drame, historique

Edition : Belfond

Parution :  14 janvier 2016

Pages : 392

Prix : 19 €






   Avant toute chose je tiens à remercier les éditions Belfond pour leur confiance. 


Résumé :


Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartient à la bourgeoisie juive parisienne, patriote, laïque et assimilée ; il a été maquisard et blessé au combat. Elle est issue d'un milieu de petits commerçants polonais et a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie. En 1945, la guerre leur a tout pris. Chacun de leur côté, ils vont accepter une mission très particulière : rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents dans des familles, des orphelinats ou des couvents, quand il s'avère que ceux-ci ne rentreront pas des camps. Simon parce que son petit frère Elie a disparu dans des conditions mystérieuses ; Léna car elle espère ainsi redonner du sens à sa vie. Et cela va les entraîner bien au-delà de ce qu'ils auraient pu imaginer. C'est l'histoire de deux jeunes révoltés qui, dans une France exsangue, vont se reconstruire grâce à la force de l'amour. De Paris à Toulouse, d'Israël à New-York, un roman d'aventure porté par le souffle de l'Histoire.



Mon avis :


Pour mettre en place, son roman, Ariane Bois a dû (et c'est bien normal), revenir sur certains faits, et dates de cette sombre période de l'histoire. Pour le coup, j'avais parfois, l'impression que ça venait comme un cheveu sur la soupe, ce qui m'a donné une sensation de longueur au début de la trame.
Pour les mêmes raisons, la rencontre promis par le résumé, c'est fait tardivement.
Hormis ce léger souci, Le gardien de nos frères est un très, très bon roman.

La force de ce livre, est, la psychologie des personnages. Comment Simon anéanti par la perte de toute sa famille, ou presque va arriver à se reconstruire, afin d' aller de l'avant.
À travers la famille Mendel, Ariane Bois, évoque toute la panoplie de cette époque, les crédules bien qu'érudit ayant une fois aveugle, en leur gouvernement. Les rebelles qui s'engageront dans la résistance, par tous les moyens. Si l'on connait beaucoup celle avec les pilotes anglais, on ignore, le plus souvent, les maquis formés par les enfants scouts.
Il fallait compter sur les dénonciations, les déportations, mais heureusement, il y avait aussi, ce que l'on appellera, légitimement, les "justes". Ceux qui ont caché, parfois des familles entières, au risque de leur propre vie. Mais le plus souvent, il ne cachait que les enfants des familles déportées.

Par un travail de recherche impressionnant Ariane Bois, s'est penchée, à travers la famille Mendel sur le cas de ces enfants. Grâce à la quête de Simon et Léna, on découvre que ces actes n'étaient pas toujours aussi charitables qu'ils le laissaient envisager. Là, comme toujours, il y a eu ceux qui ont profité honteusement du malheur des autres.

Ces jeunes dépisteurs nous ont confronté à d'autres réalités, celles des retrouvailles. Comment peut-on sortir, de l'enfer des camps, et se comporter comme avant ? Parfois, ses retrouvailles tant attendues se sont soldées par des fossés insurmontables. Les uns et les autres ne se comprenant pas toujours, on reprochait au parent rescapé, l'absence de l'autre. Les plus jeunes leur reprochaient leur abandon.
La fin de la guerre, n'a pas pour autant changer les mentalités, les Français reprochant aux rescapés, la restitution des biens dont ils s'étaient accaparés. Les blâmant, "d'être parti en vacances", en abandonnant leurs biens.

À cela, une autre réalité s'imposait, à travers la guerre des territoires, c'était peu à peu, amorcé une guerre des religions, on baptisait et convertissait les enfants juifs, "afin de sauver leur âme".

Avec Le gardien de nos frères, Ariane Bois, c'est intéressée à tous ces enfants juifs, confiés lors des déportations. Que sont-ils devenus à la fin de la guerre ? Sans prendre parti, l'auteure nous conte leurs histoires, entre actes charitables, et méprisables, et belles histoires, où des liens forts s'étaient tissés.
Le gardien de nos frères est un roman passionnant, bien que complexe. Je remercie l'auteure d'avoir donné la parole à tous ces enfants, que par définition, on n'avait pas entendu. 


Morceaux choisis :

Au détour d'une route, la troupe était tombée sur une camionnette bourrée de charcuterie. Religion ou pas, ils avaient dévoré le chargement !


La guerre pouvait aussi être un jeu. Madeleine possédait ce don rare de rendre tout plus aérien, plus drôle.

Il voudrait gommer de son esprit déportés et fusillés, toute cette abomination qui rend la catastrophe si concrète, si tangible.


_ Vous voulez dire que mon Jean est israélite ? C'est impossible... Il ressemble à tout les autres enfants !
Interdits, Simon et Léna se regardent.
_ Et alors ?
_ M. le curé nous a toujours parlé des juifs comme du diable. Et Jeannot n'a rien de diabolique.


Le nonce apostolique de France a demandé à la hiérarchie catholique de louvoyer, de temporiser, d'éviter de confirmer par écrit l'existence d'enfants juifs captifs, bien souvent baptisés à l'insu de leurs parents. Les prêtres n'entendent plus rendre systématiquement ceux dont ils ont assuré la survie pendant la guerre.

Le gardien de nos frères présenté par l'auteure




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