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22.2.16

J'envisage de te vendre (j'y pense de plus en plus)



Auteur :  Frédérique Martin

Genre  Nouvelles

Edition : Belfond

Parution :  21 janvier 2016

Pages : 220

Prix : 17 € 50





Avant toute chose je tiens à remercier les éditions Belfond pour leur confiance. 



Résumé :


Vous allez reconnaître les papiers peints, les rues pavillonnaires et les temples d'achat, la campagne bucolique et votre quotidien. Votre femme, votre mari, votre mère ne sont pas loin ; tout vous semblera familier. Oui, ça se passe près de chez vous. Mais les choses ont mal tourné. De quoi demain sera-t-il fait ? En déréglant les curseurs de notre société, Frédérique Martin convoque le règne des indignités ordinaires et flanque nos libertés au vestiaire. Voici venir le grand show des luttes de classes et de sexe, des dominations ou de la logique marchande. On peut désormais nous séquestrer, nous forcer à jouer, orienter nos choix ou décider à notre place. On peut aussi envisager de nous vendre. Mais pas que. Vous aimez vous faire peur pourvu qu'à la fin tout se termine bien ? Vous verrez, on en a tenu compte.


Mon avis :


Ces 12 nouvelles, sont délicieusement grinçantes.
L'auteure aime mettre le doigt-là, où, ça fait mal.
C'est un condensé d'humour noir, de travers de la société exagérée jusqu'à son paroxysme.

Est-ce un hasard si, celles que j'ai préférées soient également, celles qui avaient déjà été éditées ? Est-ce une coïncidence si, ma nouvelle favorite, est, celle qui donne sont titre à l'ouvrage ?
À l'inverse certaines n'ont pas su me marquer plus que cela, comme "les alliances". Et puis il y a celles qui m'ont captivée, mais dont la chute, ma moins convaincue. Comme "Rue des Bons Voisins", ou, qui recelait une ambiguïté, délicieuse de suspens et de rebondissement sur la fin, cf Remugles.


Avec une plume agréable, et piquante, Frédérique Martin, s'amuse à exacerber les imperfections de la société, même si, les nouvelles présentent ici ne sont pas toutes percutantes, le fil conducteur, est respecté, et nous permettent de passer de bons moments.

Morceaux choisis :

Extraits de : "Le désespoir des roses"


Ma mère attendais patiemment, agrippée à son sac, les yeux braqués sur moi. J'ai sorti de la voiture son fauteuil favori et, en m'arrangeant pour ne pas croiser son regard, je l'ai aidée à s’asseoir. Avec discrétion, j'ai accroché un panneau de carton sur le dossier en velours fatigué. J'y avais écrit : Mille cinq cents euros, siège compris

_ Nous nous ennuyons beaucoup, nos amis sont morts et nos enfants vivent trop loin pour se libérer. Il faut faire en sorte de ne pas en vouloir à ses enfants, même si c'est difficile.


Extraits de : " Dites-nous tout !"

_ Nous pouvons quand même en discuter. Ce que vous dévoilez est ...
_ Ecoutez, je suis en train de me pendre. Je suis désolé. Une autre fois.


_(...) Dites-moi juste OK.
_ OK.
_OK. Bien. Bon. On se calme, tout le monde se calme.
_ Je suis calme.
_ Oui, eh bien, moi non, hein ! Moi, je ne suis pas calme, Luc, pas du tout, même. Hein ? Du tout, du tout.
_ C'est à cause de moi ?
_ Si c'est à cause de vous ?
_ Arrêtez de tout répéter, ça me fatigue.
_ Tant mieux. C'est bien... 






2 commentaires:

  1. Je le voie beaucoup passer en ce moment mais je lis peut de nouvelles. Je note au cas où je tomberais dessus un jour. *Marie*

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  2. Une belle découverte pour moi aussi, j'ai mis quelques citations également qui m'ont plu!

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