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20.10.15

Une autre idée du silence


Auteur :  Robyn Cadwallader
Traducteur :  Perrine Chambon et Arnaud Baignot

Genre contemporain, historique


Edition : Denoël

Année d'édition :  Août 2015

Pages : 398







Synopsis :



Angleterre, 1255. À seulement dix-sept ans, Sarah décide de devenir anachorète. Dévouée à Dieu, elle vivra recluse dans une petite cellule mesurant neuf pas sur sept à côté de l’église du village. Fuyant le deuil de sa sœur adorée, morte en couches, et la pression d’un mariage imposé, elle choisit de renoncer au monde – à ses dangers, ses désirs et ses tentations – pour se tourner vers une vie de prière. Mais petit à petit elle comprend que les murs épais de sa cellule ne pourront la protéger du monde extérieur. Une autre idée du silence raconte l’histoire intemporelle d’une femme rebelle, prête à des sacrifices inimaginables pour se libérer des chaînes de la société. Elle enchante et hante le lecteur jusqu’à la dernière page.



Mon avis :


Avant toute chose je tiens à remercier les éditions Denoël pour leur confiance.


Pourquoi, une jeune fille de bonne famille, et qui plus est, érudite, choisit-elle de son plein gré la réclusion, à vie ? 
Comment peut-elle préférer l'obscurité, le froid et l'humidité, l'inconfort d'une paillasse avec deux fines couvertures rêches, au confort d'une chambre, avec un lit douillet à la couverture chaude, et satinée ?
"La porte s'ouvrait sur les ténèbres. J'ai pris une profonde inspiration et ai pénétré à l'intérieur. Tout autour de moi n'était qu'obscurité et je sentais l'humidité sur mon visage."


C'est pourtant ce que préférera Sara, fille d'un marchand de tissus. Elle a toujours su qu'elle consacrerait sa vie à Dieu, mais le chagrin qui a suivi la perte de sa sœur, morte en couche, lui a fait prendre la plus terrible des décisions. Devenir une recluse, et non pas une simple religieuse.

Les recluses étaient-elles les agoraphobes du Moyen Age ? J'en doute, car ces derniers n'ont pas pour vocation de faire partie de la famille Addams, et si la foule et les grands espaces, sont de vrais calvaires, je ne pense pas qu'ils renonceraient à leur confort et à la luminosité.

  

"Ils m'ont déposée par terre; de la poussière et des mots sont tombés sur moi, à l'intérieur de ma bouche et dans mes yeux. La mort me désirait et je l'ai acceptée :
_ Je resterais ici pour toujours; c'est la maison que j'ai choisie."

....

"Cette année, pour cette veillée des morts, il n'y avait personne avec moi, personne pour me dire que j'étais vivante. Mais je ne l'étais pas ; ma règle affirmait que j'étais morte au monde, que cette cellule était ma tombe."

Si Sarah se considère comme un zombie, les villageois et le clergé ne la voie pas de la même manière, bien au contraire, pour les premiers, c'est une sainte, pour les seconds, un porte-bonheur. (drôle d'époque !)

Si la couverture de ce livre m'attirait (beaucoup), le synopsis m'intriguait, je me suis demandée si je n'avais pas fait un mauvais choix, allais-je supporter presque 400 pages de bondieuseries ? 

Croyez-moi, on ferait mieux parfois de laisser nos préjugés au vestiaire, car non seulement le côté religieux est abordé avec parcimonie, avec juste ce qu'il faut pour comprendre les situations ou les choix. Voir les idées reçues. Mais en plus, l'univers abordé est vraiment fascinant, flippant certes, mais fascinant.

J'entends souvent dire que Marion Cotillard a été possédée par Edith Piaf lors de son interprétation de la Môme, eh bien là, je ne sais pas quelles recluses a possédé Robyn Cadwallader, mais je peux vous jurer qu'à un moment, l'auteure a réussit le tour de force de me faire oublier qu'il ne s'agissait pas d'un témoignage, mais bel et bien d'un roman, tiré sur des faits historiques. On sent non seulement le travail de recherche, de l'auteure, mais également le cheminement dont elle a dû s'imprégner pour nous offrir une héroïne plus vraie que nature.

"Je me suis mise à réfléchir à ces femmes, celles qui faisaient ce choix. Qui étaient les recluses ? Pourquoi choisissaient-elles la réclusion ? Est-ce qu'elles ressentaient de la peur, de l'excitation ? Étaient-elles sûres de leur choix ou éprouvaient-elles des doutes ? Qu'en pensait leur famille ? Est-ce que cette cellule sombre était pour elles comme une maison ? Je me suis imaginé l'intérieur d'une telle cellule. Ma question centrale était la suivante : que ressentait une recluse sur les plans physique, émotionnel,spirituel, mental ? Elle n'était plus pour moi une femme étrange. C'était une femme.Sarah. Ma recluse.


Tout comme Sarah a choisit la réclusion pour fuir son corps et oublier les souvenirs douloureux, qui finalement n'ont de cesse de la hanter. Une autre idée du silence, est un cri, celui de la voix de toutes ces recluses incarnées par Sarah, dont les mots vous hanteront bien après avoir reposé le livre. Une histoire intemporelle, criante de vérité et d'actualité. 

Morceaux choisit :

(Réflexion d'un membre du clergé, qui prouve combien les mentalités ont guère changé.)

- J'ai entendu que les femmes utilisaient les desseins comme un moyen de se repérer dans le livre, de se rappeler où se trouvent certaines prières.

(Réflexions de Sarah)

Je me suis souvenue des images d'anges dans mon bréviaire quand j'étais enfant, si nombreux que le ciel était couvert de plumes.


J'allais prier pour lui, parce que j'avais juré de le faire, mais j'allais devoir m'en remettre aux mots, pas à mon cœur.





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