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vendredi 16 octobre 2015

Oliver ou la fabrique d'un manipulateur


Auteur :  Liz Nugent
Traducteur :  Edith Soonckindt

Genre suspens


Edition : Denoël

Année d'édition :  Août 2015

Pages : 242






Synopsis :


Alice et Oliver Ryan sont l'image même du bonheur conjugal. Complices, amoureux, ils mènent la belle vie. Pourtant, un soir, Oliver agresse Alice avec une telle violence qu'il l'a plongé dans le coma. Alors que tout le monde cherche à comprendre les raisons de cet acte d'une brutalité sans nom, Oliver raconte son histoire. Tout comme les personnes qui ont croisé sa route au cours des cinquante dernières années. Le portrait qui se dessine est stupéfiant. Derrière la façade du mari parfait se cache un tout autre homme. Et lorsque le passé ressurgit, personne n'est à l'abri, pas même Oliver.



Mon avis :


Avant toute chose je tiens à remercier les éditions Denoël pour leur confiance.


Oliver ou comment un auteur, offre a son lecteur un formidable puzzle.

Le cerveau humain, est une bien étrange invention, le mien en particulier. Le roman commence ainsi " La première fois où je l'ai frappée, j'attendais de sa part une réaction plus vive." Je ne sais pas, pour quel mystère, mon cerveau dans cette phrase à retenu en particulier le "PREMIÈRE", si bien que ce simple mot, à influencé, sur environs une bonne cinquantaine de page, mon attente du roman. Je ne sais pas, j'attendais sans doute un déballage de violence. (ça me ressemble bien, ça tient !)

Au début, je me demandais pourquoi, tant d'intervenants, et puis j'ai compris que l'auteur mettait son lecteur en position d'enquêteur, les témoins s'adressent directement à nous, et comme tout bon inspecteur, il nous faut trouver le fil conducteur, déterminé si Oliver est coupable, ou non. Comment en est-il, arrivé à battre sa femme au point de la laisser inconsciente ? ( à nous deux mon bonhomme).

Mais comme tout auteur digne de ce nom, elle sait entrecroiser les témoignages, tout en laissant planer, des doutes, des suspens, dans les précédents :

Il ne me semblait pas qu'Oliver pût être tenu responsable de sa dépression. Pas à ce moment-là en tout cas. 

C'est à cause d'elle que nous avons fini par découvrir l'autre chose qui a eu lieu pendant l'été 1973, un secret longtemps gardé et tissé de vol, de tromperie et de trahison cruelle. Oliver Ryan est un monstre

J'ai vraiment aimé avoir les différents points de vues, de ceux qui ont côtoyé Oliver, mais attention, ne vous attendez pas, à un roman, tout blanc et tout noir, les bons d'un côté le méchant Oliver de l'autre. L'écriture de Liz Nugent est bien plus sournoise, il m'est même arrivée de ressentir de la pitié pour cet antihéros. On va de révélations en surprises, et comme de bien entendu, le tout se mettra en place qu'à la toute fin du livre.

Et puis parmi tous les personnages il y a le "jeune" Eugene, le frère d'Alice, la femme d'Oliver, sans aucun doute, mon personnage préféré de ce livre, tout au moins, son témoignage, Liz Nugent a su trouver, le ton juste, pour le faire parler, c'est poignant, beau et triste à la fois. Car Eugene, est atteint de déficience mentale.

Ma maman m'aimait Alice m'aimait Barney m'aimait Dieu m'aimait et j'ai récité mes prières tous les soirs je récite toujours mes prières et demande à Dieu de bénir Maman au paradis et Alice et mon copain Barney mais parfois j'oublie. Je me souviens que Barney est mon copain il m'emmenait me balader dans sa voiture ses oreilles sont décollées comme celles d'un clown hahaha il me fait rire il me chatouille il me raconte des histoires et il me fait voler il est Grimace et je suis le Prince Etincelle il m'aide à me battre contre la méchante Reine qui fait pipis dans sa culotte hahaha.

Barney dit qu'on pourra aller voir Alice quand je serai plus grand, mais moi je crois que je suis déjà plus grand. Barney il dit que je dois être encore plus grand.


Dès que j'ai vu passer ce livre, annoncé pour la rentrée littéraire, je savais qu'il finirait dans ma PAL, et lorsque que j'ai vu qu'en plus, c'était les éditions Denoël qui le sortaient, je me suis bien évidemment jetée dessus.
Croyez-moi, j'ai très bien fait, et oui, m'sieurs, dames, car je me suis régalée.

Si comme moi, vous aimez les livres qui vous tiennent en haleine du début à la fin, les révélations de dernières minutes, les pages tuner quoi ! Foncez, ce livre est vraiment passionnant. Sans aucun doute, l'un des meilleurs de cette grande rentrée littéraire 2015.


Un petit morceau pour mettre en appétit : (un extrait du témoignage d'Eugène, eh oui, quand on aime...)

Où est Barney ? Barney me manque où est ma maman je me souviens maintenant qu'elle est morte dans une boîte dans la boue elle aime pas être sale je veux pas être mort pourquoi tous les gens morts ils sont dans la boue mon papa il est dans la boue aussi mais je l'avais vu sur des photos et Alice elle m'a dit qu'il était super.



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