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22.10.15

Les enfants de l'eau noire


Auteur :  Joe R. Lansdale
Traducteur :  Bernard Blanc

Genre Thriller, suspens


Edition : Denoël

Année d'édition :  3 septembre 2015

Pages : 352






Synopsis :



Texas, années 1930. Élevée dans la misère au bord de la Sabine, qui s’écoule jusqu’aux bayous de Louisiane, May Linn, jolie fille de seize ans, rêve de devenir star de cinéma. Un songe qui s’achève brutalement lorsqu’on repêche dans le fleuve son cadavre mutilé. Ses jeunes amis Sue Ellen, Terry et Jinx, en rupture familiale, décident alors de l’incinérer et d’emporter ses cendres à Hollywood. May Linn ne sera jamais une star, mais au moins elle reposera à l’endroit de ses rêves… Volant un radeau mais surtout le magot d’un hold-up, la singulière équipe s’embarque dans une périlleuse descente du fleuve, le diable aux trousses. Car non seulement l’agent Sy, flic violent et corrompu, les pourchasse, mais Skunk, un monstre sorti de l’enfer, cherche à leur faire la peau. Quand vous décidez de faire vôtres les rêves d’un autre, ses pires cauchemars peuvent aussi profiter du voyage…




Mon avis :


Avant toute chose je tiens à remercier les éditions Denoël pour leur confiance.


Prenez un trou perdu, où les femmes sont considérées comme des punching-balls attitrés. Où les enfants sont livrés à eux même.
Prenez 4 de ces enfants, 4 adolescents hétéroclites, une adultérine dévergondée, une noire, qui n'a pas la langue dans sa poche, un jeune homme, qui en pince pour ceux de son sexe, une bimbo, tout ce qu'il y a de plus morte.
À cela ajoutez une narration pleine d'humour, (parfois à deux balles), noir, l'humour ça va de soi.
Un fleuve, sombre et ondulant, comme un serpent, le vol d'un hold-up, des convoitises, un serial killer, devenu une légende, si bien que plus personne, ne sait s'il existe vraiment, ou s'il s'agit d'une histoire qu'on raconte au coin du feu, pour effrayer les enfants.
Mais surtout plongez le tout dans une atmosphère glauque. Tellement noire qu'on a l'impression au fil de la lecture de sentir cette poisse nous coller.

Voilà le roman que nous offre Joe RLansdale. Une fois de plus je ne suis pas vraiment d'accord avec le genre annoncé, oui, je sais, ça devient une habitude, mais que voulez-vous, lorsque je pense aux thrillers, je pense ChattamGiebel et autre "psychopathe" comme dirait mon fils, encore que je crois, qu'il ne réserve ce surnom qu'à Chattam, depuis que je lui ai raconté la scène de la mygale dans la bouche. Là, j'ai bien quelques scènes succulentes de ce genre, lorsque ce bon vieux Skunk, (le putois) est en action, mais c'est tout.

Lorsque vous vous apprêtez à cheminer vers St Jacques, on vous dit que le plus important n'est pas l'arrivée, mais le chemin lui-même. Il en va de même avec 'les enfants de l'eau noire". Alors que le synopsis nous promet, un périple rocambolesque, une fuite effrénée. L'auteur lui, nous offre un cheminement. Où la fuite se transforme plus en quête de soi-même, qu'autre chose. Où les personnes qu'ils croiseront en chemin, les aideront d'une façon ou d'une autre, à évoluer. J'ai presque envie de dire à se révéler. A laisser apparaître, leur côté sombre, comme leur meilleur fond. 

Quand est-il du meurtre, de l'enquête ? Eh bien, étrangement tout le monde sans fou, en priorité les autorités locales, qui ne pensent qu'à une chose, mettre la main, sur le fric que les enfants, ont déniché. Je vous rappel que l'histoire se déroule dans un bled paumé, dans les années 1930.
Pour les mœurs de l'époque, l'apartheid, et l'homophobie, étaient plus importants, que le reste. Surtout dans le sud des états unis. Où le Ku Klux Clan sévissait, et que malgré l'abolition de l'esclavage, les noirs étaient considérés comme de la chair à canon. C'est cette ambiance que l'auteur a cherchée à retranscrire ici, ce n'est pas pour rien, si deux des héros principaux, sont, l'un homosexuel, et, l'autre noire.
Mais Joer RLansdale, n'oublie pas son lecteur, et mine de rien sur les soixante dernières pages, il nous révèle, le coupable. (je ne l'avais vraiment pas vu venir ce coup-là).

Dans la facilité avec laquelle les problèmes se résolvent, ainsi qu'une fin, qui nous laisse, un peu sur notre faim, on pourrait penser qu'il s'agit d'un roman jeunesse. Il n'en est rien. Ce livre mérite d'être lu, ne serait-ce que pour son atmosphère et l'humour, qui s'en dégage.


Un petit morceau pour mettre en appétit : 

_ Tu es bien silencieuse.
_ Je réfléchis à ma carrière criminelle, comment elle me permettra de m'offrir un sandwich et un tour en autobus...
_ C'est du fric qui a déjà été volé, précisa Terry. C'est pas comme si c'était toi qui l'avais piqué.
_ Si je m'en sers, ça sera pareil. C'est pas parce que je vole un voleur que je n'en suis pas une moi-même.
_ Il est mort, tout comme ses héritiers, fit remarquer Terry.
_ Il reste le père, dis-je.
_ Il ne compte pas.
_ Et pourquoi donc ?
_ Parce que je ne l'aime pas et que, si on y réfléchit, on ne peut pas hériter d'argent volé. Du moins, pas légalement.
_ Ravie de savoir qu'on dispose d'une base juridique solide, dis-je.



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