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12.6.15

Moi, Amélie Dernière reine de Portugal

Couverture de Moi, Amélie, dernière reine de Portugal

Auteur :  Stéphane Bern


Genre Historique


Edition : Denoël


Année d'édition :  mai 2015 pour cette réédition


Pages : 392





Synopsis :


Née en Angleterre en 1865, Marie-Amélie d’Orléans, princesse de France, épouse en 1886 l’héritier du trône portugais, dom Carlos de Bragance. À l’âge de quarante-trois ans, elle est foudroyée par le double assassinat de son mari et de son fils aîné. Impuissante à conjurer la révolution de 1910, elle est contrainte à l’exil, en Angleterre puis à Versailles, où elle s’éteindra en 1951 à quatre-vingt-six ans. 
De l’exil de sa famille à l’échec de son mariage, de la mort de son mari et de ses deux fils aux chemins de l’errance, de la révolution et des guerres, cette femme aura connu toutes les vicissitudes d’une existence romanesque. À partir de la correspondance et du journal intime de la reine Amélie, documents inédits appartenant aux archives de la Maison de France, Stéphane Bern a imaginé ses Mémoires, reflet fidèle d’une figure méconnue de l’Histoire contemporaine. Il signe ainsi son premier roman à la croisée de deux passions, le Portugal et l’histoire des monarchies européennes, et nous fait partager l’exceptionnelle leçon de vie de La reine Amélie.



Mon avis :



Nous devons Moi, Amélie dernière reine de Portugal aux éditions Denoël.

Quelle petite fille, n'a pas rêvé, un jour, d'être une princesse ! Sauf que là, le destin d'Amélie, ressemble moins aux contes de fées, que son homonyme du cinéma.
Puisque ce livre, commence par un double attentat, celui du mari, et du fils aîné, d'Amélie.

"Voici venir la reine Maria Pia, accourue du palais de Ajuda. Elle sait déjà que son fils est mort, s'agenouille près de la dépouille du roi puis se relève et m'embrasse.
<< Mon fils, mon pauvre enfant >>, me dit-elle d'un souffle.
Et moi : << Mon fils, mon pauvre enfant ! 
_ Quoi, votre fils ?>>
D'un geste, je lui désigne le second gisant. Elle comprend qu'elle vient de perdre son fils et son petit-fils, et tombe évanouie sur le sol taché de sang.

Est-ce le fait que cette pauvre Amélie soit née, en exil, qui l'a placée sous une mauvaise étoile ? Toutefois est-il, qu'aussi loin, qu'elle se souvienne, les morts l'entourent.

Dans son avant-propos Stéphane Bern, nous annonce que c'est lors de la préparation de son émission "Secrets d'Histoire" consacré à Amélie, que l'envie de rééditer ce livre lui est venue. Je ne peux que remercier les éditions de Denoël pour cette réédition, et le bon moment qu'elles m'ont permis de passer. (maintenant, il faut que je trouve le DVD).

Comme tout le monde (ou presque) je connais Stéphane Bern, grâce à ses émissions. N’ayant pas la télévision, chaque fois que je vois l'un de ses DVD, je me précipite dessus. J'ai connu les "Secrets d'Histoire" avec celui consacré à Monsieur de Talleyrand, appelé aussi le diable boiteux. Car il y parle d'un magnifique château, près de chez-moi. Celui de Valençay, en toute-bonne logique, je voulais en savoir plus.

Par le biais du net, j'ai également appris que des livres, ont été tirés des émissions, je m'étais promis de les découvrir. Promesse infructueuse pour le moment. Aussi lorsque les éditions Denoël, m'ont proposé de découvrir ce livre, je n'ai pas hésité bien longtemps, d'autant que je l'avais déjà repéré, et qu'il faisait partie de ma liste d'envie.

Que dire ? Déjà, que cette réédition est magnifique, je craque complètement sur la couverture.

Toujours dans son avant-propos, il nous dit " j'avais envie de faire parler cette femme majestueuse quoique hommasse, artiste dans l'âme dotée d'un joli coup de pinceau, éduquée pour être reine mais pas pour être projetée dans une cour médisante où son sens aigu de la charité serait davantage moqué que les goûts dispendieux de sa belle-mère l'extravagante Maria Pia de Savoie."(...) "Mon vœu sera alors atteint de faire revivre et pour longtemps le souvenir de la dernière reine de Portugal."

Je confirme, double mission réussit. Car le fait d'avoir donné la parole à Amélie, rend la lecture plus fluide, et certains passages s'en retrouvent plus marquant.
Ainsi à l'heure où le gouvernement français, prohibe, la fessée, il est hallucinant de voir que la jeune princesse, était battue, plus qu'à son tour, et parfois presque mal traité :

"Alors que, pour les mêmes fautes vénielles, mes cousins étaient mis au piquet, on m'attachait au pied de mon lit ou on me ficelait à quelque autre meuble des heures durant, parfois dans l'obscurité d'une chambre fermée à clé."

Pour une fois, je n'ai pas pris une seule note, lors de ma lecture, ce livre est fini depuis bientôt une semaine, et je me rappelle tous les passages qui m'ont marqué, Amélie, fait désormais partie de mes connaissances, je ne l'oublierai pas. Elle a su m'impressionner, ainsi, elle parlait 6 langues ! " Bien entendu, on m'apprenait à parler couramment l'anglais, l'espagnol, le portugais, plus tard l'allemand" ajouté à cela sa langue maternelle le français.

Elle m'a amusée, lors de la recherche de mari, le ton est emplit  d' humour et de  philosophie. " Je ne pensais pas que le mari Habsbourg était une denrée aussi rare et si peu chère !".

En bref : je pourrais vous parler pendant des heures de ce livre, vous écrire une chronique de 3 pages. Ce n'est pas un coup de cœur, mais il reste un très bon livre. Stéphane Bern, c'est effacé derrière son héroïne, pour nous offrir une lecture plus aisée. Cela dit, cet ouvrage demande également beaucoup de concentration, parfois les informations données sont presque trop abondantes d'un coup. Les enjeux politiques, la longue liste de cadeaux de mariage. Les dates, et intervenants, mais finalement, l'essentiel reste, et c'est le principal.

Amélie mérite d'être connue. Elle vous étonnera et vous bouleversera. Par son destin tragique, ses doutes, ses joies. Elle m'a parfois rappelé une autre princesse, plus médiatisée, et tout aussi altruiste.



Pour aller plus loin :


À lire si vous aimez : les livres d'histoire, faciles d'accès. Si vous appréciez Sissi, et que vous voulez avoir de ses nouvelles (même brèves)

À éviter si vous n'aimez pas : l'abondance de date que peuvent parfois receler ce genre d'ouvrage, et le nombre d'intervenant.


Morceaux choisis :

<< Comment va la lecture allemande ?>> m'écrivait-elle dans une autre lettre expédiée de Nancy, le 18 septembre 1883. 
<< J'espère que les difficultés des premières pages ne vous ont pas rebutée. Il n'y a que les commencements qui coûtent. Vous avez dû vous le voir lorsque vous vous êtes mise à lire Walter Scott. Au bout de quelques pages, vous n'aurez plus besoin de dictionnaire.>>


Avec ma naïveté de jeune fille je pensais échapper au sort commun, me promettant de devenir pour mon époux la plus attentive des compagnes et la plus sûre des confidentes. On appelle cela les illusions de la jeunesse. Je les ai perdues plus vite que beaucoup d'autres femmes de mon âge et de mon rang.


Le couronnement eut lieu le 28 décembre 1889.
Encore fatiguée par mon accouchement, toujours très éprouvée par la mort de mon beau-père, j'avais de surcroît été atteinte par l'influenza qui m'avait donné une légère fièvre.
(...)
Sans nous le dire, nous nous sentions trop jeunes pour porter le poids de la couronne de Portugal, et assumer les écrasantes responsabilités qui allaient peser sur nos épaules jusqu'à l'heure de notre mort. Mais il fallait faire face, et montrer à notre peuple que sa famille royale était forte, qu'elle portait sur son visage le sourire de l’espérance et, avec ses deux enfants, la plus belle et la plus vivante des promesses d'avenir.




Merci aux éditions Denoël, pour leur confiance.

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