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vendredi 12 juin 2015

Les Héritiers de la Mine

Couverture Les héritiers de la mine

Auteur :  Jocelyne Saucier


Genre contemporain


Edition : Denoël


Année d'édition :  avril 2015 


Pages : 222





Synopsis :


Notre famille est l’émerveillement de ma vie et mon plus grand succès de conversation. Nous n’avons rien en commun avec personne, nous nous sommes bâtis avec notre propre souffle, nous sommes essentiels à nous-mêmes, uniques et dissonants, les seuls de notre espèce. Les petites vies qui ont papillonné autour s’y sont brûlé les ailes. Pas méchants, mais nous montrons les dents. Ça détalait quand une bande de Cardinal décidait de faire sa place.
– Mais combien étiez-vous donc?
La question appelle le prodige et je ne sais pas si j’arrive à dissimuler ma fierté quand je les vois répéter en chœur, ahuris et stupides :
– Vingt et un? Vingt et un enfants?
Les autres questions arrivent aussitôt, toujours les mêmes, ou à peu près : comment nous faisions pour les repas, comment nous parvenions à nous loger, comment c’était à Noël, à la rentrée des classes, à l’arrivée d’un nouveau bébé, et votre mère, elle n’était pas épuisée par tous ces bébés?
Alors je raconte…

Eux, c’est la tribu Cardinal. Ils n’ont peur de rien ni de personne. Ils ont l’étoffe des héros… et leur fragilité.



Mon avis :


On doit le roman Les héritiers de la Mine aux éditions Denoël.

Il faut que je vous avoue quelque chose. Je suis totalement fan des familles nombreuses, je ne sais pas d'où me vient cette fascination. Mais toutefois est-il que dès que je vois des témoignages dans ce sens, je prends.
Alors forcément, lorsque j'ai lu le début, je n'ai pas pu résister.

Pourquoi les héritiers de la mine ? Parce que c'est le père, qui a découvert cette mine, et même si pour l'heure, c'est une grande société qui en gère l'exploitation, et s'enrichit, au détriment, de la famille Cardinal, les 21 enfants eux, sont fiers de leur père.

Celui qui est sans aucun doute le plus admiratif (après moi) c'est le petit dernier "Le fion" comme ils aiment l'appelerNotre famille est l’émerveillement de ma vie et mon plus grand succès de conversation. 
– Mais combien étiez-vous donc?
La question appelle le prodige et je ne sais pas si j’arrive à dissimuler ma fierté quand je les vois répéter en chœur, ahuris et stupides :
– Vingt et un? Vingt et un enfants?

Toutes les familles ont leur secret, et il est bien connu que les secrets finissent toujours par éclater. Mais pendant qu'ils sont tues, ils peuvent faire, beaucoup, beaucoup de mal.

L'originalité de ce livre, c'est qu'il est Multi narationnel , le Fion commence à évoquer ses souvenirs, sa joie de revoir sa famille, enfin, toute réunie, ce qui n'est plus arrivé depuis presque vingt ans. Lorsqu'il remarque une ombre fugace passée dans le regard de ses aînés. À peine, c'est-il interrogé sur ce phénomène, que le chapitre se tourne, et qu'un autre des enfants Cardinal prend la parole. 5 enfants vont ce succéder, avec la claque du dernier chapitre, on peut même dire, 6. Je ne peux pas vous expliquer plus en détail pour cause de spolies.

Pour le lecteur, le plus étrange dans les premiers chapitres, c'est de constater, que la famille Cardinal, est complètement éclatée. Alors qu'à travers les souvenirs, des uns et des autres, on sent bien que malgré, l'extrême pauvreté dans laquelle ils vivaient, et la liberté que leur offrait, des parents en apparence, effacés, leurs liens étaient forts.
Même si l'on ne sait pas exactement quoi, ni pourquoi, on sent qu'un drame est à l'origine de cette situation.

Je vous préviens, c'est un véritable page tuner. Car l'auteure est partie du principe, que bien que chaque individu vivent la même chose, cette dernière n'est pas perçue et ressentie de la même façon par les membres présents. Il est donc passionnant de découvrir, chaque version, et voir se dessiner petit à petit la trame. Jusqu'à la phrase finale, qui claque comme une gifle.
Le style de Jocelyne Saucier est extrêmement agréable et fluide. Elle maîtrise parfaitement cette narration multiple.J'ai vraiment pris plaisir à mieux connaître les protagonistes principaux de ce roman.

Qu'ils soient durs, brutaux, angéliques, rebelles, rêveurs les personnages sont tous, attachants. La plume de Jocelyne Saucier a cette magie, qui nous permet de nous fondre dans le décor, comme si nous étions un membre Cardinal à part entière.

En bref : cette histoire familiale de mine désaffectée, sur un air de "Guerre des Boutons" est prenante, vous n'avez plus envie de lâcher le livre, une fois commencé. Il vous interpellera, vous amusera, vous fera sourire, si vous êtes sensible, il pourrait bien vous faire pleurer. Quoiqu'il en soit, il vous hantera, bien après avoir tourné la dernière page. Géronimo, La Tommy, La Pucelle et le Fion vous manqueront.

Ce livre m'a laissé une expression, Aheumplace, et j'adore la tête de mes chiens lorsque je leur la lance !


Pour aller plus loin :


À lire si vous aimez : les histoires de famille. Les jolies plumes. 

À éviter si vous n'aimez pas : Résultat de recherche d'images pour "je sais pas smiley"


Morceaux choisis :

Il est devenu Aheumchemise, Aheumbottes, Aheumstylo, Aheumcarabine, AheumCornFlekes. Bien fragile façon de préserver un droit de propriété dans une maison où rien, absolument rien, même pas un endroit où dormir, ne nous était assigné personnellement. Nous dormions dans le lit qui était libre et nous nous habillions avec ce que nous trouvions dans les piles de vêtements qui s'amoncelaient dans ce que j'appelais ma salle de lavage et qui avait été la cuisine-salon d'un des logements de cette incroyable maison qui en comptait quatre au départ.
(...)
Nous vivions dans la plus merveilleuse anarchie et j'adorais cette maison. Les portes claquaient, les escaliers vibraient, les murs vrombissaient, la vie trépignaient d'impatience dans cette maison, et moi, j'en avais la garde. 
(...)
Ses quatre logements nous faisaient un habitacle magnifiquement biscornu, un enchevêtrement de portes et de cuisines-salons qui convenait parfaitement à la désorganisation de nos vies. J'en ai gardé un goût prégnant pour le désordre.

C'est là que j'ai entendu Zorro rêver de devenir ingénieur. A cause du génie qu'il y a dans le mot, je crois, car il n'avait aucune idée de ce que faisait un ingénieur quand Tintin le lui a demandé. (...) et puis il a voulu être architecte, ensuite sculpteur, peintre, poète, pour avouer un beau soir, qu'il serait rien de moins que Léonard de Vinci des temps modernes. Le dictionnaire avait encore une fois aidé.
_ Ça te dirait aussi d'être pédale ?
Je ne sais pas où Matma avait trouvé ça, mais, chose certaine, ça lui a obtenu la bagarre escomptée. Lui aussi avait voulu être inventeur, et se faire voler son rêve par un ingénieur de guerre, fût-il Léonard de Vinci, était au-delà de ce qu'il pouvait supporter.


Merci aux éditions Denoël, pour leur confiance.

2 commentaires:

  1. Oh celui-là devrait me plaire !! :)

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  2. Intéressant des témoignages sur la mine, une fratrie. Merci Mickaëline.

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