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mardi 26 mai 2015

Le Fossoyeur

Couverture Le Fossoyeur

Auteur :  Adam Sternbergh

Traducteur :  Florence Dolisi


Genre Science-fiction, Dystopie, thriller


Edition :  Denoël


Année d'édition :  13 mai 2015


Pages : 264




Synopsis :


«Tous les cimetières sont pleins, depuis longtemps.» Il se fait appeler Spademan, le Fossoyeur, presque un nom de super-héros. Vous ne saurez jamais son vrai nom. Il a été éboueur. Un jour, il a trouvé un bébé dans un sac-poubelle. Quelques années plus tard, sa femme est morte dans la série d'attentats radioactifs qui a vidé New York de ses habitants. C'était il y a longtemps : une autre vie. Maintenant, Spademan est tueur à gages. Il est resté dans les ordures, mais son salaire a considérablement augmenté. Il n'est pas sexiste : homme, femme, il s'en fout. Vos raisons, il s'en fout. D'ailleurs, le fric aussi il s'en fout. Et quand on lui demande de tuer la fille du richissime prédicateur T K Harrow, une gamine qui vient tout juste d'avoir dix-huit ans, il n'y voit aucun problème. Mais dans la toile de Harrow, pour la première fois de sa sinistre carrière, Spademan n'est pas la plus grosse araignée.



Mon avis :


Nous devons le fossoyeur aux éditions Denoël, dans la collection lunes d'encre. Il y a quelques mois je vous parlais du livre de Christopher Priest, Notre île sombre, édité dans la même collection.

Si le Fossoyeur est le premier roman d'Adam Sternbergh, il a l'habitude de prendre la plume, puisqu'il était responsable des pages culture du New-York Times.

Le Fossoyeur, c'est Spademan, enfin, comme il se fait appeler. Il a découvert ce nom un jour, en ramassant les déchets, car, avant il était éboueur. Maintenant s'il s'occupe encore de vos "encombrants", la différence, c'est qu' il gagne mieux sa vie. Vos raisons, vos motivations, il ne veut pas les connaître.
Comme il aime à le rappeler, il n'est que la balle du revolver. Homme, femme, aucune différence à ses yeux. Mais en aucun cas, il ne touchera à un enfant.

On évolue dans un univers, dystopique avec un mélange de thrillers.
New-York a été ravagé par un attentat, "des terroristes ont lâché des bombes de merdes et de radioactivité" dans la ville.

En acceptant la mission qui consistera à abattre la jeune "Perséphone", Spademan, comprendra vite, qu'une terrible chasse à l'homme s'est engagée. Dont seulement trois issues, sont possibles :

1) Comme il n'a pas mené sa mission à bien, soit-il fait ce pourquoi, il a été engagé, (ou il restitue son bien à Harrow)

2) Il tue Harrow.

3) C'est Harrow qui le tue !

Adam Sternbergh, nous offre un véritable page turner. L'écriture est fluide, facile à lire, avec un ton particulièrement croustillant, à l'humour noir, décapant.

D'abord, mon père. Il est mort d'une crise cardiaque, qu'il avait préparé toute sa vie. Il suivait un régime draconien : clopes, bacon et télé.

Leçon numéro un : n'achetez jamais de sacs-poubelles bons marchés. Ils finissent tous par se déchirer. S'ils ne se déchirent pas dans vos mains, ce sera dans les miennes. Les sacs-poubelles merdiques se font copieusement insulter tout au long du périple vers leur dernière demeure.
Leçon numéro deux : même les choses et les personnes auxquelles, vous tenez le plus, vous vous en débarrasserez un jour. Ou alors ce seront elles qui se débarrasseront de vous.
Sauf si vous êtes mort avant.

L'univers proposé par l'auteur, est vraiment bien travaillé, et crédible, c'est peut-être ce qui fait le plus peur dans ce roman. Imaginez une force plus grande qu'Internet, ou la vie virtuelle se confondraient presque à la réalité. Une attraction tellement grande, que les gens sont prêts à s'endetter pour s'en équiper.

Les héros sont attachants. On a presque envie nous aussi de protéger Perséphone, et pourtant, elle porte très bien son surnom, car elle est redoutable avec un couteau.
Même Spademan, a un côté attirant.

Ce roman est une pure merveille. Passionnant du début à la fin. Rien que pour flipper un peu avec ce que pourrait devenir internet, vous devriez le lire. S'il y a une moralité à ce livre, c'est que peu importent le monde, dans lequel on vit. Réel ou virtuel, il y aura toujours, des gens pour profiter des plus faibles. Elle est pas belle la vie ?


Pour aller plus loin :


À lire si vous aimez : les dystopies, les univers glauques

 À éviter si vous n'aimez pas :  les syntaxes, et ponctuations un peu caillouteuses, ici pas de tiret dans les dialogues, mais on s'y fait très vite.


Morceaux choisis :

Quand je dis aux gens que je tue leurs semblables, ça leur retourne l'estomac.
Je peux comprendre.
Cela dit ...
Et si je vous expliquais que je ne trucide que des serial killers ?
C'est faux, mais si je vous disais ça ?
Et si je vous expliquais que je ne descends que des pédophiles ? Ou des violeurs ? Des mecs qui le méritent vraiment ? 
Vous défaillez toujours ?
OK, allons plus loin : mettons que je ne tue que les emmerdeurs qui parlent trop fort au cinéma, ou qui bloquent le passage dans les escalators, ou qui déboîtent sans prévenir en bagnole. Alors ?
Ne répondez pas réfléchissez.
Vous êtes encore scandalisés ?
Mais je plaisante, hein.
Les cinémas, ça n'existe plus.


Chercher une aiguille dans une botte de foin. C'est débile, comme expression. J'ai jamais compris. Chercher une aiguille, mon cul. Suffit d'en acheter une autre.


Vous êtes donc allongé là, à moitié momifié, un peu de bave aux lèvres. Hélas pour vous, quelqu'un qui vit encore dans le monde bassement matériel ne parvient pas à surmonter la rancune que vous lui inspirez. Et ce quelqu'un a trouvé mon numéro. Et moi je vous ai trouvé.
Je vous égorge vite fait bien fait et voilà, c'est fini.



Merci aux éditions Denoël, pour leur confiance.

3 commentaires:

  1. Mais qu'il a l'air génial et en plus tu le défends férocement ! Je ne connaissais pas cette collection de Denoël, je vais aller voir !
    Merci.

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