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14.5.15

Jour de feu


Auteur :  René Barjavel


Genre contemporain


Edition :  Denoël


Année d'édition :  24 avril 2015


Pages : 208




Synopsis :


C’est l’été. Le village de Collioure se prépare pour la fête du Roussillon. L’air sent le pastis et le melon. Les vieilles Catalanes vêtues de noir croisent les Parisiennes en bikini. 
Deux nouvelles courent parmi la foule : hier, Barabbas a été emprisonné. Et pendant la nuit les gardes de Caïphe ont arrêté Jésus. Les croix dressées sur la colline attendent les prisonniers. 
Tandis que Judas boit un demi au café, Pilate débat avec Caïphe pour savoir lequel de Barabbas ou de Jésus sera gracié. Un avion tourne sur la ville et laisse tomber des tracts : Libérez Barabbas! 
Où sommes-nous? En quel temps? C’est l’éternité d’une histoire tragique, toujours présente, en tout lieu et en tout temps… 

Jour de feu de René Barjavel, roman inclassable et fascinant, révèle un autre visage du maître du fantastique et de l’anticipation.



Mon avis :


Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Denoël , pour leur confiance.


Comme je l'ai expliqué, sur mon In My Mailbox numéro 33, je n'avais lu jusqu'ici de René Barjavel, uniquement "La Nuit des Temps", le seul ouvrage imposé par l'école que j'ai adoré ! Il fait d'ailleurs partie de mon top 5 de mes livres préférés. Sans mentir, j'ai dû l'avoir lu, une bonne dizaine de fois.
Je ne sais pas pourquoi, contrairement à d'autre auteur, je n'ai jamais eu envie, de lire autre chose de ce dernier. La peur d'être déçue sans doute.
Je ne remercierais donc jamais assez les éditions Denoël de m'avoir permis grâce à leur sélection de découvrir un autre texte de cet auteur.
Et c'est avec surprise que j'aie découvert que René Barjavel, avait lui-même travaillé pour cette maison d'édition. Cela explique peut-être pourquoi, il y a tant de leurs livres qui finissent en coup de cœur.

Grâce à l'avant-propos qui n'est autre que le journal de l'auteur. On apprend que ce dernier a écrit "jour de feu" au départ pour une adaptation cinématographique. Il nous y explique comment il voyait son œuvre, et comment il avait tourné certaine scènes, pourquoi l'effet de foule, et le soleil par exemple étaient importants.
À lui, seul l'avant-propos aurait pu être un roman, tant il lui est arrivé de mésaventure, avant, pendant, et après le tournage. J'ai adoré la scène de la gare.

Le tour de force de l'auteur, transposer la passion du Christ dans notre erre.

_ Alors, cette histoire, qu'est-ce que c'est ?
_ C'est l'histoire de Barabbas, à Jérusalem, le grand jour de la fête de la Pâque. Je vais vous la raconter, mais je ne peux pas vous montrer Jérusalem, parce que vous ne le connaissez pas, ni moi non plus. Il y a deux mille ans, on ne peut plus savoir comment c'était. Il faudrait inventer, et sûrement, je me tromperais. Alors je vais vous la raconter comme si elle se passait ici, aujourd'hui, au milieu des gens que vous connaissez. La fête de la Pâque, c'est la fête d'aujourd'hui, et Jérusalem, c'est Collioure. Comme ça, je n'invente rien, et ça sera vrai, parce que Jérusalem, ce jour-là, c'est toujours et c'est partout.


Et c'est ce que fait le narrateur, nous conter l'histoire de Barabbas, qui prend ici l'apparence du grand noir, arrêté par la police la veille. Tous les habitants de Collioure le connaissent, et les enfants à qui le narrateur conte l'histoire peuvent ainsi se l'approprier plus facilement. Et nous voilà captivés par l'écriture fluide de l'auteur, cette histoire que je croyais bien connaître grâce au film "la passion du Christ", arrive à me surprendre, comme si le fait de la transposer dans la France d'il y a quelque temps, me la rendait plus vivante.
On y revoit comment Jésus a été trahi non seulement par ses apôtres, mais également la lâcheté de la race humaine, au travers des personnes, qu' il a aidées. Ces derniers affirment que l'intervention de Jésus loin de les aider, les a handicapés d'une façon ou d'une autre. C'est bien connu l'herbe est toujours plus verte de l'autre côté de la barrière.

Mais c'est surtout sur Barabbas que le narrateur se concentre, cet homme, voleur, tueur sanguinaire, sans foi ni loi, qui grâce à une magouille ( déjà à cette époque ) échappera à la condamnation à mort.

Je n'ai jamais eu le sentiment d'assister à un cour de catéchisme, bien au contraire, à l'instar des enfants, j'étais complètement envoûtée par l'histoire. Comme si on ne connaissait pas la fin ! Et bien non pas sous cet angle-là, qui s'est vraiment soucié de savoir, ce que Barabbas avait pensé de cette justice en deux-temps. Était-il vraiment heureux d'être libéré à la place d'un innocent ?

Sur la quatrième de couverture, il est fait mention du fait que ce roman est inclassable et fascinant, à eux seuls ces mots résument parfaitement cet ouvrage.

Pour aller plus loin :


À lire si vous aimez : Si vous aimez les belles histoires bien écrites. Si vous aimez les histoires qui traitent de la religion. 

A éviter si vous n'aimez pas : les histoires historiques transposées.


Morceaux choisis :

_ Ils vont lui faire du mal ! Il faisait trop de bien...

Il y a toujours quelque part dans le monde, une nation occupée et une autre qui l'occupe. Aujourd'hui, c'est Jérusalem qui est occupée, et c'est les Romains qui l'occupent. 

_ Les juges sont des salauds... je sais pas pourquoi Tu es ici, mais ils Te saleront... Tu as pas pu faire grand-chose, je Te connais, je T'ai entendu parler...Tu as de bonnes idées, mais Tu es un peu mou, Tu sais pas Te défendre...Moi j'en ai tué quelques-uns, bon, mais si on veut vivre, qui c'est qui en a pas fait autant ? A la bombe, au canon, au four ou à la mitraillette...Par millions, de tous les côtés... Moi j'en ai tué que deux ou trois douzaines, pas plus... C'est pour ça qu'on me cherche des crosses...
Une voix ricana aux pieds de Barabbas : 
_ Toi, tu es un doux agneau !





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