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18.4.15

Que ta volonté soit faite


Auteur :  Maxime Chattam

Genre Thriller


Edition :  Albin Michel


Année d'édition :  2 Janvier 2015


Pages : 368






Synopsis :



Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis... S"il n'y avait Jon Petersen. Il est ce que l'humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là... sans doute réveillera-t-il l'envie de tuer qui sommeille en vous.



Mon avis :



Surprise, c'est le mot qui me vient, en pensant à ce livre de Maxime Chattam.
Surprise, par le style de la syntaxe, loin de ce à quoi il nous a habitués. Un savant mélange de description choc et directes dont il a l'habitude, avec des passages plus travaillés, aux nombreuses métaphores.
Surprise par la chute du roman, plus proche de Bernard Werber, que de Maxime Chattam.
Surprise de découvrir un thriller, plus psychologique qu'habituellement avec une touche fantastique.

Cela ne fait que 3 ans, que j'ai découvert Maxime Chattam, grâce à un concours sur le net, à la sortie, en version poche de l'alliance des trois, que j'ai eu l'occasion de gagner. Depuis, les fidèles le savent, il fait partie de mes auteurs chouchous.

Au premier abord, j'étais assez surprise par cette couverture, toute blanche, avec cette fleur rouge sang au milieu. Très différentes de celles que l'on a l'habitude de voir, ordinairement pour les œuvres de l'auteur. Tout ce blanc donne une impression de douceur, c'est sans doute pour ça que ma première rencontre avec Jon Petersen, fût aussi intense en émotion.
Ne vous laissez pas tromper par cette couverture, "Que ta volonté soit faite" est pour le moment le plus glauque des Chattam que j'ai lu. (j'ai la chance d'avoir toute sa bibliographie, ou presque, malheureusement, je n'ai pas avancé beaucoup ces derniers temps dans mes lectures ).

Après cette première rencontre, avec Jon Petersen, un étrange narrateur nous relate son histoire, déjà nouveau-né, Jon n'est pas un enfant comme les autres, puisqu'il est né dans un bain de sang. "Il faut bien avouer que si la plupart d'entre nous pénètrent dans le monde par le biais des vivants, lui ne rencontra que des morts pour l'accueillir." Enfant élevé par un grand-père dure à l'extrême, et deux tantes, l'une vieille fille, et l'autre bien trop jeune, pour s'imposer. Jon n'évolue pas en s'épanouissant comme les jeunes de son âge. Son bonheur, il le prend dans la destruction. Froid, machiavélique, manipulateur, pervers, etc Jon semble avoir tous les défauts de la terre. " Tous les enfants de toute l'Amérique avaient le croquemitaine pour se raconter des histoires qui font peur à Carson Mills, ils avaient Jon Peterson".
_ Le Mal a besoin de vaisseaux vivants pour se transporter, dit-il, et je crois bien que notre Jon est de ceux-là. Il a été choisi.

Maxime Chattam nous plonge dans un univers, insoutenable, à la rencontre d'un héros "dont même le diable à peur", et, on le suit, on en veut plus, on ne peut plus lâcher, plus on s'enfonce dans les années noires de Carson Mills, plus on en veut. Heureusement qu'entre deux, il y a le shérif Jarvis, bouffé d'oxygène. Dont le métier est plus qu'une profession, une véritable passion. Et si parfois, on a l'impression qu'il ne s'implique pas assez, il ne lâchera pas l'affaire.

Honnêtement, je ne pensais pas que Maxime Chattam puisse me surprendre, et sans les cent dernières pages, je n'aurais pas classée ce livre en coup de cœur. Je dis souvent que j'ai l'esprit aussi tordu que lui, car je vois où il veut en venir, l'exemple le plus flagrant qui me viennent l'identité de Malronce et du Raupéroden dans la saga Autre-Monde, j'avais compris dès le départ qui ils étaient par rapport à Matt. Mais là, il m'a bluffée, je ne peux malheureusement pas vous en dire beaucoup plus. Sauf qu'il y a un étrange narrateur, dont l'identité et la chute peuvent en dérouter plus d'un, mais je ne pense pas que les fidèles de l'auteur, l'en blâme, bien au contraire.

Je conclurais sur cette citation " La vérité, n'existe-t-elle que si elle éclate au grand-jour ? Ou la vérité du monde n'est-elle qu'une vaste supercherie assise sur les morceaux de vérité que chacun conserve bien sagement pour soi ?


Pour aller plus loin :


À lire si vous aimez : Les thrillers, noirs, voir très noirs, les héros démoniaques, où tout simplement l'auteur. Laissez-vous surprendre par ce dernier, qui a su se renouveler.

À évitez si vous n'aimez pas les romans violents, les chutes, un peu bizarres voir très originales


Morceaux choisis :

Jon avait le souffle rauque, poussant de temps à autre des hennissements de plaisir. Il avait tant donné que la tête lui tournait, il ne se rendait même pas compte qu'à chaque fois qu'il démolissait un peu plus Tyler, son propre corps réagissait. Les papillons étaient à présent des centaines dans son ventre, et ils tourbillonnaient, le flattant en une divine caresse intérieure qui ne tarda pas à l'inonder d'une écume tiède.

_ Ton grand-père ne pense pas que tu es encore un peu vert pour fumer ?
_ Il a vu les publicités dans les magazines en ville qui disent qu'une de temps en temps c'est bon pour la santé, c'est les docteurs qui l'affirment.
Jarvis hocha la tête. Après tout, si les publicités l'autorisaient, ils pouvaient bien leur faire confiance. Ces gens-là, des experts, des professionnels et des médecins, en savaient bien plus qu'une bande de péquenots d'un village perdu du Midwest.

- Elle s'appelait comment ?
_ Emma, mais moi je la surnommais Rosie tout le temps parce qu'elle avait une passion pour les rosiers, et c'était son second prénom.
_ Je préfère Rosie aussi. Elle était belle ?
_ Comme un crépuscule de printemps
_ Même à la fin ?
_ Aussi belle qu'un crépuscule d'automne.
L'enfant et l'homme se faisaient face, les yeux humides de l'un pour compenser ceux devenus trop secs de l'autre.
_ Et elle vous manque ?
_ Tous les jours que Dieu fait, mon garçon, tu n'as pas idée.
_ C'est pour ça que vous avez pris un chien alors ?

L'encre n'est que le reflet d'un besoin, d'un dessein, lequel s'écoule selon l'attraction de celui qui tient la plume, sauf lorsque ses propres convictions sont dépassées par la détermination d'un bouillonnement supérieur.



1 commentaire:

  1. Moi c'est mon auteur préféré, et j'ai comme toi découvert Maxime Chattam avec Autre-monde. Depuis j'ai presque tout lu de cet auteur.
    Que ta volonté soit faite a été mon premier coup de cœur de l'année, et moi aussi, il a réussi à me surprendre. :p

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