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19.3.15

Mille regrets



Auteur :  Elsa Triolet

Préface :  Macha Méril

Genre Nouvelles, classique

Edition :  Denoël

Année d'édition :  28 février 2015

Pages : 304





Synopsis :


Mille regrets : une femme réfugiée à Nice pendant la guerre glisse dans la misère, les privations et, pour finir, la mort.Henri Castellat, c'est le portrait d'un homme lâche : en amour, en politique, en tout.Le destin personnel raconte un drame, à la campagne, sous l'Occupation, un drame qui démasque la fausse apparence du bonheur.La belle épicière, mariée à un homme-serpent, va se perdre dans les amours de quartier, puis tomber dans la prostitution et trouver une mort tragique.Ces quatre nouvelles peignent le monde d'avant-guerre, de la guerre et des débuts de l'Occupation. Elles en restituent miraculeusement le climat social et sentimental, tout ce qui fait l'air du temps.



Mon avis :



Ce livre a été lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Denoël, je les remercie une fois de plus pour leur confiance.

Lorsque les éditions Denoël m'ont envoyé leur sélection de février, deux livres commençaient par le même titre, Mille Failles et Mille regrets, en temps ordinaire, je ne me serais posé aucune question et j'aurai d'emblée coché les deux titres plus le troisième, hors, je savais qu'au point de vue lecture, février, et mars serai compliqués, (pour être franche, ils sont même pires que ce à quoi je m'attendais.) Aussi ai-je joué la carte de la prudence, et sélectionné que deux titres.
Le hasard a voulu qu'une erreur se glisse dans la sélection, alors que je pensais avoir choisi Mille Failles, j'ai reçu Mille Regrets. Et le hasard a très bien fait les choses !

Mille regrets est un recueil de 4 nouvelles, dont la première a donné son titre au livre. Ces textes ont en commun la période de la Seconde Guerre mondiale, et le mal-être.
Avec une écriture fluide et précise, Elsa triolet sait nous embarquer dans les différents univers.

L'auteure nous parle de 4 personnages, 3 femmes et 1 homme. Comme je le disais plus haut, l'écriture est superbement travaillée. On ne se contente pas de lire, on visionne parfaitement ce que nous propose l'auteure, elle a ce petit plus qui nous permet de ressentir, les émotions de ses héros.

Dans Mille regrets : l'héroïne a tout perdu, le jour où, elle a perdu son amant, sa vie, son univers. " Tony était pour moi le monde entier". Elle erre comme une âme en peine. Laissant la mélancolie l'envahir. Et lorsque la vie lui donne la possibilité de s'en sortir avec deux voix différentes, c'est une troisième qu'elle choisira. J'ai presque envie de dire sans surprise, tant on s'y attend.

Henri Castellat : fils unique d'une mère possessive, qui préfère vivre sur Paris, plutôt qu'auprès de cette dernière. Son leitmotiv être libre, vivre libre, est plus une sorte de lâcheté, qu'autre chose. Pas de femme, pas d'enfant, aimer, mais surtout sans jamais dire "je t'aime". La vie lui fera payer au prix fort son attitude. Après une dernière ruse, alors qu'il croit fuir son quotidien et la guerre à venir en se réfugiant aux USA, il ouvrira les yeux, mais bien tard : "tout était vide. À New-York, il y aura une autre Mme Bézier... Soudain, le Coeur lui manqua, il eut l'impression de tomber dans un trou noir, sans fond... Henri s'assit sur le divan. Ce silence d'un cinquième sans voisins... Personne avec qui passer cette dernière soirée. Comme il était seul !"
S'il m'avait fallu choisir une préférence dans ce recueil de nouvelle, je l'aurai mis à cette dernière ex æquo avec la dernière, car elles ont un côté Henri Troyat bien plaisant.

Le destin personnel : Charlotte, la douce, la gentille, qui subit un mariage, pas vraiment désiré un mari qu'elle n'aime pas, et dont la famille de ce dernier est plus qu'envahissante. Cendrillon des temps modernes, ce n'est pas sa marraine la fée qui la sortira de cette vie morne, mais son amie Margot, qui l'invite en vacance à la campagne, dans la maison que son mari et elle retape.

La Belle épicière : Louise nous invite dans son épicerie, son cartier, là où tout le monde connaît tout le monde. Dans sa vie, avec un mari omniprésent et sans intérêt. Comme les papillons, elle veut quitter sa chrysalide, mais la transformation sera-t-elle à l'attente de ses espoirs ?

Cerise sur le gâteau ce recueil est préfacé par Macha Méril. Avec sensibilité, elle nous parle de l'auteure.
"Elsa a été aimée toute sa vie. Sa douce révolte a emporté plus d'un Coeur. Que des hommes de valeur, des amours sincères, des fidélités indéfectibles. C'est elle qui part, qui cherche quelque chose, un horizon plus clair, plus fort. C'est elle qui brise des équilibres trop terrestres pour elle. Elle vit et vibre dans le ciel de la poésie, de l'idéal politique, de la pureté, de la justice. "



Pour aller plus loin :


À lire si vous aimez : les belles écritures. Les beaux textes dont se dégage une certaine mélancolie.

À éviter :  je n'ai rien trouvé, souvent, je mets ici les aspects négatifs des ouvrages, mais là, je n'ai rien à reprocher.


Morceaux choisis :

(...) Il regardait interrogativement le vieux. Celui-ci étendit la main et prit un des pots. Une bague avec un gros diamant apparut à son doigt et se cacha à nouveau sous la manche. Et je me suis vu rougir parce que j'ai vu qu'il avait surpris mon regard sur le diamant.

A l'hôtel George-V, on lui apprit que les Weeney étaient partis depuis un mois. L'avenue collait aux semelles d' Henri, il profitait des petits bouts d'ombre, se cachant du soleil comme on se cache de la pluie. Les Weeney ont dû retourner en Amérique à cause des bruits de guerre. Des rats. Il allait rentrer chez lui : il valait encore mieux ne pas chercher à se libérer de ces cent tonnes d'ennuis qui l’aplatissaient sous elles.
Il passaun pyjama, fit marcher le phono. Exécutant les ordres, le phono se mit à répéter un disque. Cela chantait << Day and night...>> et encore << night and day...>>. Dix fois. Cinquante fois... Heureusement qu'Henri n'avait pas de voisins. Heureusement pour les voisins ! Il y avait de quoi devenir fou.

pour arriver à ma chambre, il me faut passer par une pièce où on a entassé les meubles inutiles, des grands meubles-tombeaux, et puis les malles, les caisse, les objets dont on ne savait que faire. Tout ce bois dégage une odeur d'encens, mélangée à celle de la naphtaline.


Sous la chemisette on lui voyait un bourrelet entre le soutien-gorge et le corset, et comme elle laissait déboutonné le haut de la chemisette on pouvait voir ses deux seins majestueux et blancs, comme deux fleurs rondes d'hortensia blanc.




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