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vendredi 30 janvier 2015

La Bibliothèque des cœurs cabossés


Auteur :  Katarina Bivald

Traducteur :  Carine Bruy


Genre Chick-lit


Edition :  Denoël


Année d'édition :  15 janvier 2015


Pages : 496



Synopsis :



Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. 
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. 
Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…



Mon avis :


Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Denoël , qui une fois de plus m'ont permis de découvrir un excellent livre, que j'ai adoré. Comme pour beaucoup de titres de cette maison d'édition c'est un coup de cœur, et même un méga coup de cœur. 

Lors de la sortie du livre, sur les réseaux sociaux, les éditions Denoël, le présentaient comme le livre porte bonheur 2015, cette phrase est également reprise sur le marque-page qui accompagne le livre.
Mais c'est surtout un hommage aux livres, une ode aux lecteurs compulsifs.

Sara est, ce que l'on appelle une lectrice compulsive, un jour, elle commande sur un site internet, un livre d'occasion, la femme qui le lui envoie, refuse d'être indemnisée, et trouve original le fait que son livre voyage plus que sa propriétaire, qui n'a jamais eu l'occasion, elle, de se rendre en Suède. Comme Sara se sent redevable, elle renvoie, en échange des livres à Amy Arris. Et ainsi, une correspondance se noue, entre les deux femmes. Jusqu'au jour où Amy invite Sara à lui rendre visite le temps d'un été, dans sa petite ville de Broken Wheel, elle-même ne peut se déplacer, puisqu'elle souffre d'une "bête infection". Pourtant, c'est à cause de cette broutille, qu'Amy sera décédée à l'arrivée de Sara. Si Amy se savait mourante, pourquoi a-t-elle voulu que Sara vienne jusqu'au Etats-Unis ?

En littéraire invétérée "Sara aurait voulue que sa vie soit une Chick-lit, mais une chick-lit, bien écrite, rien n'est plus désolant qu'une mauvaise chick-lit mal écrite. Une feelgood, comme elle les aime". Que Sara se rassure, elle est bien le personnage principal d'une feelgood type, et de plus, fort bien écrit. Le style est agréable et fluide, le vocabulaire recherché. J'ai pris la liberté d'exaucer, son premier vœu, puisque Chick-lit est tout à fait la catégorie qui lui convient le mieux, et donc je l'ai classé dedans.


Au départ, les incursions littéraires de l'auteure m'ont dérangé, j'avais l'impression qu'elle ne voulait que faire étalage de sa culture, hors, si, dans certains romans, les références ne sont là que pour vous donner l'impression d'être inculque, ici Katarina Bivald, arrive, par je ne sais quel miracle, à donner non pas un étalage culturel, mais un vrai échange, pourquoi elle a aimé telle œuvre, ses qualités, voir ses défauts. Petit à petit, ce que j'avais considéré à la base comme une gêne s'est transformée, en un nouveau plaisir, un moment que j'attendais avec impatience, pour voir si je les connaissais et si j'avais le même ressenti qu'elle. J'ai notamment, été rassurée de savoir qu'elle pensait la même chose que moi, sur "Vous avez un message".

L'atmosphère du livre m'a fait penser à celui "du fabuleux destin d'Amélie Poulain", (c'est mon tour d'étaler ma science) un côté désuet, avec cette petite ville qui se meurt, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Quasiment un quartier, où tout le monde connaît tout le monde, où les gens se demandent qui voudrait venir à Broken Wheel alors qu'eux même s'en sans rendre compte sont incapable de la quitter.

J'ai aimé les situations cocasses qui m'ont rappelé des souvenirs, les réflexions des gens face à cette extra-terrestre qui passe son temps à lire.
Tout est prévisible, même la fin, n'est pas une réelle surprise, mais, il n'empêche, on est bien avec les habitants de Broken Wheel

Autre point positif, le fait que l'auteure n'est pas oubliée de rendre présente Amy, grâce à des clins d'œils épistolaires.


Les personnages sont variés, mais on ne peut que les aimer, tous.
Sara en qui forcément, on se reconnaît, la gérante de snack, qui ne veut pas s'impliquer dans les problèmes de la ville, mais qui est la première à rendre service. L'ancien alcoolique, désabusé par la vie, depuis que sa femme est partie emmenant sa fille, son bien le plus précieux. La vieille fille bigote par-dessus le marché. Etc.

Si vous recherchez des livres au rythme soutenu, où chaque page offre un nouveau rebondissement, passez votre chemin, mais si vous aimez les atmosphères douillettes, les personnages attachants, ce livre est fait pour vous.

Je pourrais vous parler pendant des heures, de ce livre, alors pour conclure et en faisant simple, lisez-le !

Un bordereau entoure  le livre, où il est écrit "Si vous aimé le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, VOUS ALLEZ ADORER." (Ce livre dort bien au chaud dans ma PAL depuis sa sortie, je pense qu'il ne va plus y rester encore bien longtemps.)



Morceaux choisis :


Bien sûr, j'ai connu quelques chagrins, mais jamais plus que je ne pouvais en supporter. Parfois, je me dis que ce n'est pas la vivacité des chagrins qui signifie quelque chose, mais l'impact qu'ils ont sur vous.

Il ne savait même pas ce qu'il pensait d'elle et de son habitude de lire en permanence. Il y avait quelque chose de presque pétrifiant chez une femme qui préférait si ouvertement les livres aux gens, peu importe lesquels.

 La collection d'Amy ne comportait aucun volume extraordinaire ou de valeur, mais elle avait réussi à transformer sa chambre en caverne de pur bonheur littéraire. Il y en avait pour tous les goûts, même pour ceux qui "ne lisent jamais de livres" ou "préfèrent les films". Sara était fermement décidé à faire de sa _ leur_ librairie un temple similaire.
 Elle s'efforça de les trier en différentes piles et de récupérer les lacunes pour voir ce qu'elle devait commander sur Amazon, mais il était impossible de ne pas se perdre dans leurs pages.
 Elle les étalait autour d'elle tout en travaillant, en ouvrait quelques-uns au hasard, éclatait de rire, discutait avec Amy, s'arrêtait sur les meilleurs passages de ses auteurs préférés et découvrait quantité de nouvelles perles.

A bien des égards, c'était la librairie de ses rêves, surtout parce que tous les livres y avaient déjà été lus. Les livres déjà lus étaient les meilleurs.




2 commentaires:

  1. Un beau livre, vraiment très touchant et très bien fait !

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  2. Oh la la, il me faut absolument ce roman !! :-)

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