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vendredi 14 novembre 2014

Noces de cire


Auteur :  Rupert Thomson


Traductrice :  Sophie Aslanides


Genre  Historique


Edition :  Denoël


Année d'édition :  9 octobre 2014


Pages :  391 



Synopsis :


Florence, 1691. Zummo est un sculpteur de génie qui crée des statues de cire si délicates qu’elles semblent avoir pris vie. Il a fui sa Sicile natale pour trouver refuge dans une ville vérolée par la corruption, aveuglée par l’austérité, où les citoyens les plus riches assouvissent leurs désirs les plus pervers. Convoqué par le grand-duc qui lui a commandé une Vénus de cire grandeur nature, Zummo parcourt les ruelles labyrinthiques à la recherche d’une femme suffisamment parfaite pour servir de modèle. Mais la Toscane regorge de secrets et de dangers. La torture et les exécutions vont bon train, et, lorsqu’on trouve le cadavre d’une jeune femme sur les bords de l’Arno, le sculpteur commence à croire que le vice prend sa source à la cour des Médicis. Tout en poursuivant sa création, essayant d’insuffler la vie à sa Vénus de cire, il se demande si cette femme parfaite va le mener à son salut ou à sa perte.
Noces de cire est une superbe représentation du monde d’avant les Lumières, vibrant de superstitions, de répression et d’incompréhension, doublée d’une intrigue menée à la perfection.



Mon avis :




Ce livre m'a été offert en partenariat avec les éditions Denoël  alors avant toute chose, je tiens à les remercier, ainsi que leur représentante Célia Giglio pour leur confiance.

Passionnée d'histoire, je ne me suis absolument pas posé de question lorsque j'ai vu ce livre dans la sélection, je l'ai mis d'office sur ma liste.




Je ne sais pas vous, mais moi, je l'aime bien cette couverture. Cette femme voilée cache tout son mystère, et j'apprécie.




Avant son arrivée à Florence, Zummo n'avait qu'une seule passion, la sculpture sur cire. Mais il y rencontre Faustina. Et son cœur rencontrera pour la seconde fois l'amour. Il a fui la Sicile, à cause de la jalousie, que son amour inspirait. Son propre frère, c'est arrangé pour qu'il s'exile afin de lui voler la femme qu'il aimait.

Alors dans cette Toscane, corrompue, où règnent les complots et la terreur, saura-t-il sauvegarder son amour ?
La protection, du grand-duc, son plus fidèle admirateur, sera-t-elle suffisante, pour le mettre à l'abri des persécutions et des menaces de l'entourage de ce dernier ?

Et si en exécutant la commande secrète du grand-duc, il avait mis les pieds dans un nœud de vipères ?



L'auteur a découpé son texte en trois temps. Le premier et le dernier chapitre, Marie-Lousie d'Orléans nous relate sa rencontre avec Zummo, et ce qu'il en a découlé. Ces deux chapitres pourraient très bien s'intituler préface et épilogue.

Le second chapitre est consacré à l'histoire de Zummo. Elle démarre en 1691, lorsqu'il arrive à Florence après y avoir été convoqué par le grand-duc Cosme III, à cette époque le grand-duc est déjà séparé de Marie-Louise d'Orléans qui est recluse au couvent de Montmartre.
Avec une plume agréable l'auteur, sait nous plonger dans cette époque, de la cours des Médicis. Mêlant, histoire et fiction, avec finesse, de sorte, que l'on ne peut faire la distinction de ce qui est vrai, de ce qui est ajouté ou modifié, afin de donner plus de corps à l'histoire.

C'est Zummo qui nous conte cette partie, son quotidien à la maison des coquillages, où il est pensionnaire, son attachement pour la petite Fiore, l'enfant de la gérante du lieu. Ses rencontres avec Cuif, le français bouffon, qui répète inlassablement toutes les nuits ses numéros, alors qu'il est tombé en disgrâce. Son amour clandestin avec Faustina. Les persécutions et les sous-entendus des proches du grand-duc. Son passé, ses espoirs, ses rêves et son travail.

Tout cela s'entremêlant les uns aux autres. Séparés uniquement par un espace. De sorte que la lecture pourtant agréable de cet ouvrage, puisse vite devenir incohérente et lourde en cas de manque de concentration.




Les personnages secondaires sont nombreux et vus uniquement par les yeux de Zummo, il n'est donc pas étonnant que ceux qui nous touchent le plus sont, ceux que le sculpteur appréciait. Comme Cuif, la petite Fiore, Ecoutille.
Quant à Faustina, et bien, en fait, je ne sais qu'en penser, par bien des aspects, j'ai l'impression d'un personnage, encore vague, bien qu'elle occupe une place importante dans l'histoire.

Quant à Zummo, c'est un personnage complexe. Il a tant subi depuis son enfance, qu'il reste plus que prudent, un brin paranoïaque, à tort ou à raison, ils se posent des tonnes de questions, même sur ce qu'il sait faire de mieux. J'ai aimé son regard par rapport à son art, et son travail, dommage que ce ne soit pas aussi développé que je l'aurai souhaité.
Minutieux à l'extrême, il ne laisse rien au hasard, ce n'est pas sans raison que ses œuvres soient tant apprécier. Ici, on nous parle que de ses petits théâtres et de la "femme morte en couche" revue complètement par l'écrivain, et j'ai franchement bien aimé sa version. Mais n'oublions pas qu'il est également à l'origine de la tête de cire anatomique que le roi Louis XIV offrira à son premier chirurgien.


En conclusion :


Rupert Thomson, nous offre ici un livre complet mêlant savamment, l'Histoire aux histoires. De plus, la plume de l'auteur est agréable, dommage que le découpage du texte, ralentisse parfois la lecture. Par manque de concentration, on risque de passer complètement à côté de ce livre. Quelques longueurs rencontrées également, surtout lorsque le sculpteur rêve tout éveillé, mais ces passages sont également là pour continuer de donner le flou sur les origines de Zummo.
Si vous aimez l'Histoire, les intrigues, les histoires d'amour, alors lancez-vous, mais, gardez à l'esprit que ce livre à besoin de calme et de concentration pour en apprécier toutes les subtilités.


Morceaux choisis :

Mais j'étais aussi complètement fasciné par le numéro que jouait Jacopo. Il avait parlé avec tant de conviction que j'avais même commensé à douter de moi-même. 


_ D'accord, dis-je. Mais à quoi sert cette potion ?>>
Elle remit le bouchon sur le flacon et l'enfonça avec sa paume. << A mon avis, c"est pour augmenter votre virilité.>>
C'était si inattendu que je ne pus, l'espace d'un instant, trouver une quelconque réponse. 
<< Vous en enduisez vos parties, dit-elle.
_ Mes parties, répétai-je d'une voix faible.
_ Votre manche. Votre trique.>> Elle marqua une pause. << Votre gourdin.
_Eh, l'Asperge, ça suffit, fit l'un des hommes en riant. Je crois qu'il a compris.>>

Je glissais le flacon dans ma poche et me dirigeai vers la porte.

Il voulait que je lui donne une femme qui ne le mépriserait pas, qui ne le tourmenterait pas, qui ne souhaiterait pas sa mort. Une femme qu'il pourrait vénérer sans peur d'être ridicule ou d'être repoussé. Malgré tout, cette idée frisait les frontières de l'illicite - et elle avait été formulée par un homme qui se rendait dans six ou sept églises chaque jour, un homme qui à en croire les rumeurs, passait tant d'heures en prière que les empreintes au bout de ses doigts s'étaient effacés...



2 commentaires:

  1. J'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire, mais une bonne lecture au final :)

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