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18.11.14

A mains nues


Auteur :  Paola Barbato


Traductrice :  Anaïs Bokobza


Genre  Policier


Edition :  Denoël


Année d'édition :  9 octobre 2014


Pages :  496



Synopsis :



Il a seize ans, une gueule d’ange, un avenir tout tracé. Un jour, il se rend compte qu’il peut tuer sans le moindre scrupule. Un monde nouveau s’offre à lui… Davide a eu une enfance choyée et sans histoires. Un soir, lors d’une fête, il est kidnappé et enfermé à l’arrière d’un camion. Tapi dans le noir, un inconnu lui saute dessus et tente de le massacrer. Terrorisé, Davide agit par réflexe et tue son adversaire. Il est alors conduit dans une cave, où il rejoint d’autres prisonniers. Comme lui, ils sont là pour s’entraîner à combattre et intégrer un jour l’élite des tueurs. Abasourdi, Davide comprend que son seul moyen de survie est de tuer. Il remporte chacun de ses combats. Un jour il décide de s’enfuir, mais l’organisation ne l’entend pas de cette oreille… Naît-on assassin? C'est la question que se pose Davide tout au long du roman lorsqu’il découvre qu’il peut tuer avec ses poings sans le moindre scrupule. Analyse psychologique très fine sur les rapports entre kidnappeur et otage, À mains nues raconte l’éducation par la violence d’un gladiateur des temps modernes.



Mon avis :





Ce livre m'a été offert en partenariat avec les éditions Denoël  alors avant toute chose, je tiens à les remercier, ainsi que leur représentante Célia Giglio pour leur confiance.


Je l'ai choisi dans la liste, car le synopsis m'avait attiré.




Les fidèles le savent, la couverture, pour moi représente 80 % du choix de mes lectures, les 20 restants sont partagés entre le titre, et le synopsis.
Et bien là, heureusement que je ne me suis pas fiée à la couverture. Sinon je serai passé complètement à côté de cet excellent livre. Ce n'est pas que je ne l'aime pas, c'est qu'il faut bien reconnaître que la photo, la dessert, car en réalité, elle est beaucoup plus attirante.





Davide est un enfant de bonne famille, dont le père est notaire. Bien élevé, et sérieux, avec en prime un physique des plus agréable. Sa vie était toute tracée. C'était sans compter sur ce soir lors de la rave partie. Davide y sera kidnappé. Enfermé dans la benne d'un camion. Où sans raison apparente, il se fait sauvagement attaquer. L'instinct de survie, prend le dessus, et contre toute attente, Davide tue son agresseur, plus exactement le massacre.
Il sera le premier d'une longue liste. Car la vie de Davide vient de prendre un tournant décisif. Malgré lui, Davide deviendra le "chien" d'attaque Batiza. La proie de départ, deviendra l'un des meilleurs tueurs.
Pourquoi lui ? Pourra-t-il jamais sortir de cet enfer ? Et si on lui donnait le choix, que fera-t-il ?




Dans un style, fluide, mais précis, efficace, l'auteure nous entraîne non seulement dans une descente aux enfers, mais avant tout, dans un roman psychologique. Sombre, effrayant de justesse.

Les scènes de bagarre, sont crédibles, avec bien évidemment de l'hémoglobine, mais jamais de façon excessive.

Paola Barbato, est partit de l'idée, de remplacer les fameux chiens de combats ( tout le monde en a déjà entendu parler, pas la peine de revenir dessus), par des hommes. Première claque, premières interrogations du lecteur. Comment est-ce possible ? C'est ça la force de ce livre, c'est un roman, oui, mais, écrit avec un ton si juste, que tout prend corps. On n'est pas dans de la science-fiction, et l'on se dit que tout pourrait être réel.

Non-contente de nous chambouler avec cette intrigue de départ, elle nous plonge en même temps que le héros dans un syndrome de Stockholm, ( lorsque le kidnappé, s'attache au ravisseur). Deuxième claque. Honte à moi, mais j'ai également apprécié le personnage de Minuto. "Pourquoi Batiza, pourquoi, c'est moi qui t'ai enlevé !" Pire, j'ai vraiment aimé le rapport de Batiza (Davide) avec son mentor.

Davide, n'a de cesse de se poser, encore et encore les mêmes questions, pourquoi lui ? Et naît-on assassin ? Troisième et quatrième claque, lorsque l'auteure répondra à ces questions. Dans le fond, ça ne m'a même pas choqué, non pas, que je m'y attendais, mais c'était sans doute prévisible.
Enfin, elle nous met KO avec les dernières pages. Le dernier coup, je ne l'ai pas vu venir. Et pourtant vingt-quatre heure après avoir refermer le livre, (qui m'a hanté tout ce temps) des petits indices, me sont revenues en mémoire. Pratiquement rien, des grains de sable. Mais comme Batiza, j'étais crédule. "L'amitié est une erreur, l'affection, une faiblesse." De croire en l' auteure aussi !



Que se soit les personnages, secondaires, où les principaux, ils sont tous bien travaillés. On suit leur histoire, j'ai presque envie de dire, avec plaisir.

Je ne les détaillerais pas, de peur de spoiler, il faut vraiment les découvrir au fil des pages, pour ressentir tout ce que l'auteur a su faire passer dans son livre. Je l'ai dit plus haut, j'ai apprécié Minuto, j'ai parfois eu du mal avec Davide. J'ai également apprécié Rafaelo.



En conclusion :


L'auteur nous offre ici un superbe livre psychologique, le ton est juste, les personnages crédibles, la seule partie qui m'a au départ le moins, convaincue, par ses incohérences, c'est vu expliqué par la fin, du roman. C'est un livre sombre, froid, mais surtout poignant. Un méga coup de cœur en ce qui me concerne, d'autant plus que la fin, m'a surprise, par ces derniers revirements.


Morceaux choisis :


A l'intérieur de lui la logique se brisa, se fendit, vola en éclats, elle ne protège pas des coups.


_ Un nom comment ? demanda-t-il au barbu.
_ Un seul mot. Cela peut être un nom propre ou celui d'un personnage, aucune importance. Quelque chose comme "Rocher" ou "Superman", tant que ça n'a pas déjà été utilisé.
_ Comment je peux le savoir ?
_ Je suis là pour te le dire.
Davide avait du mal à réfléchir.
_ Ah oui autre chose : ça doit être un nom adapté à un chien.


_ Pourquoi m'avez-vous pris ?
Il lui avait enfin posé la question.
_ La lutte est un sport noble, tu sais ? Ancien. Les gladiateurs romains, les duels entre seigneurs...Aujourd'hui on tue pour un match de foot ou pour un morceau de trottoir. Petits combats pour petits hommes. Et petites morts.
Batiza l'écoutais d'un air sérieux.
_ Pour certains, il n'existe qu'un type de lutte. Ils veulent voir deux hommes se battre et ils veulent en voir un gagner. Ceci signifie que l'autre ne survivra pas. Ils paient pour assister, ils parient, ils gagnent. Comme pour les combats de chiens. Ou de coqs. Tu n'es jamais allez en Espagne ?
Le jeune homme secoua la tête.
_ Mais pourquoi m'avez-vous pris ? demanda-t-il encore. Pourquoi m'avez-vous choisi ? Ily avait plein de monde et je ne suis pas un lutteur.
_ En effet. Tu es une surprise.
Davide ne comprenait pas.
_ Tu sais comment on entraîne les chiens de combat ? On les sélectionne en fonction de leur agressivité. Puis on les attache et on les affame pour les rendre méchants. On les nourrit d'abord avec de la viande crue, puis avec des proies vivantes. On leur apprend à tuer. A la fin, la seule nourriture qu'ils connaissent, c'est la chair des autres chiens. D'abord des petits chiots, jetés dans les cages à la place des poulets ou lapins. Puis des chiens moyens, et enfin des chiens au moins aussi gros qu'eux. Pour les entraîner, tu comprends ? Alors ils sont prêts pour le spectacle.
_ Alors moi j'étais...
_ Un entraînement.



3 commentaires:

  1. La couverture ne m'attire pas du tout mais ton enthousiaste a réveillé ma curiosité sur ce roman. Je le note.

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    1. J'ai fait ma curieuse et suis allée voir l'avis des autres lectrices, on a toute eu un coup de cœur ^^.

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  2. Je ne me serais pas arrêté sur ce livre au vue de la couverture, mais ton avis m'a titillée. Je le note donc!

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