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22.10.14

Le soir, Lilith


Auteur :   Philippe Pratx


Genre  Fantastique


Edition : L'Harmattan


Année d'édition :  23 mai 2014 



Pages : 188 pages sur ma liseuse





Synopsis :


23 novembre 1924, Lilith Hevesi, star du cinéma muet, est retrouvée morte dans le château où elle s'est retirée dans la campagne hongroise. 
Quarante ans plus tard, le narrateur tente de dépoussiérer son passé, ses recherches sont perturbées par une femme qui éveille rapidement ses soupçons... Lilith est un fantôme qui arpente les différentes strates du temps dans des mondes aux frontières incertaines dont on ne cesse de gratter la pellicule inflammable.



Mon avis :





Avant tout, je tiens à remercier l'auteur pour la confiance qu'il m'a témoigné, en me proposant son manuscrit. J'ai accepté, car je reconnais avoir été intriguée, par l'univers étrange, proposé par l'auteur, retrouvez les extraits audio qui m'ont convaincue ICI.




Je vous parlais, au dessus, de l'univers étrange, je trouve que ce sentiment est renforcé par la couverture. La beauté de cette femme magnifique, entourée d'un cadre noir épais. Le choix d'un rouge sang pour l'écriture, elle me fait penser à un thriller.





Le narrateur était un proche de la grande actrice Lilith Hevesi, morte quarante ans plus tôt. Alors qu'il est sur le point d'écrire la biographie de cette dernière, une femme se présente à lui, comme journaliste, elle aussi, sur le point d'écrire la biographie de cette diva du cinéma muet. Cependant, cette dernière ne semble pas se satisfaire, des notes que le narrateur lui fournit. Il semblerait qu'elle cherche un scoop, un scandale. Mais Lilith cachait-elle vraiment un secret ?





Ce livre est écrit en trois temps. Le premier, le narrateur, nous conte, le présent, ses déboires avec cette femme journaliste. Le second, se réfère aux notes que le narrateur aurait prisent des années plus tôt, lorsqu'il était dans le sillage, de Lilith. Et enfin les scénarios. Le tout ponctué par des touches épistolaires.
Je reconnais qu'il m'a fallu un temps d'adaptation. Car tout s'enchaîne, les différents styles s'entrecroisent. J'ai commencé ce roman, dans une pièce bruyante, et je vous le déconseille.
Pour se laisser apprivoiser Lilith à besoin de calme. Car l'auteur nous laisse découvrir cette Diva, par petite touche, en nous fournissant les documents, comme si, nous étions nous-même, sur le point de réaliser, la biographie, et qu'il nous fallait d'abord trier, tous les documents, et les annoter, avant de nous lancer.

Et puis il y a la narration à proprement parler. Philippe Pratx a une très belle plume. Il nous conduit, là où il veut en venir, tout en nous charmant, telle son héroïne, il nous envoûte, pour mieux nous surprendre par la fin. Franchement, je n'ai rien vu venir.




Contre toute attente, et logique, on n'en sait pas vraiment plus sur Lilith ou Eve Whiteland, sinon que l'actrice s'est fait rattraper par le rôle qui l'a rendu célèbre. Vous savez, tout comme dans notre réalité, des actrices populaires telles que Romy Schneider et Michèle Mercier resteront Sissi et Angélique.
Ici, on se demande si c'est Lilith qui a inspiré les metteurs en scène et producteurs qui n'ont de cesse de lui faire jouer des rôles occultes, ou si c'est de jouer les femmes mystérieuses fleuretant avec la magie noire, qui l'ont incité à s'y adonner.

Les vrais personnages qui évoluent et dont on en sait plus, sont ceux du présent, le narrateur, et cette étrange journaliste, mais là par risque de spolier, je ne peux rien dire.



En conclusion :


Lilith star capricieuse, veut se mériter, et il faut compter avec un tant d'adaptation pour passer d'un sujet à un autre, avant d'en apprécier toute la saveur. Car comme le dit l'auteur c'est un "fatras poético-philosophico-prétentiard" que nous propose le narrateur
C'était une agréable surprise. Tout comme la fin, que je n'ai pas vu venir. 


Morceaux choisis :

Lilith aurait été bouleversante, monstrueuse, belle comme une étoile noire.

Il me sera très difficile de me conformer à vos souhaits et de suivre la chronologie des faits. Je n'ai pas besoin de vous parler des complexités et des vagabondages de la mémoire. Et puis, les relais de la mémoire sont des étapes de perdition, je veux dire de déperdition.

Ne suis-je que le favori, le tronc d'arbre bourru et rassurant où pèse ton épaule l'instant d'une rêverie ?A présent voici que montent tes paroles ingénues et profondes, ta voix transparente d'enfant... Pas même ton favori, s'il le faut...

On dit que c'est Douglas Fairbanks qui a fait d'elle Evve Whiteland. Il aurait regardé le nom de Lilith, Hevesi, il l'aurait fixé après l'avoir écrit sur une feuille, et il en aurait prélevé les trois lettres d'Eve. Ensuite il l'aurait prise doucement par le menton, et aurait dit, après l'avoir dévisagée, qu'elle lui rappelait une terre immaculée, couverte de neige, une terre blanche ouverte de toutes parts. 

Lilith interprétait merveilleusement ses rôles, avec l'intensité de vie que l'on ne connaît que pour ce que l'on n'a jamais vécu... Avait-elle jamais été une reine, un fantôme, une ogresse, la fille d'un médecin anglais au fond de l'Asie lointaine ? Et elle les était si bien !




4 commentaires:

  1. Il va falloir que je sois patiente pour le savourer à ce que je vois.

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  2. Ma lecture du moment, pour l'instant je suis d'accord avec ta chronique :)

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    1. Ah je serais ravie de lire ton avis, lorsque tu l'auras fini.

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