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19.7.14

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme


  

Auteur : Stefan Zweig

Traduction et introduction Par : Olivier Bournac

Genre : Nouvelle - Classique



Edition : Le livre de poche


Année d'édition : 2010 pour cette présente édition

Pages : 158






Synopsis : 



Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un des clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée... Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez la fugitive. Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, est une de ses plus incontestables réussites.



Mon avis :


Ce livre fait partit de ma liste pour le challenge ABC de la littérature. J'ai découvert cet auteur l'an dernier pour le même challenge, avec "Le joueur d'échec", j'avais acheté ce livre pour un autre challenge, mais ma PAL débordant, je n'ai pas réussi à le lire plus tôt. Et puis cela me fait toujours un auteur en z. Voyons le bon côté des choses.

J'aime beaucoup cette couverture, tout en noir et blanc, soulignant avec grâce le corps de la jeune femme, dont la courbe met le titre et le nom de l'auteur en valeur. Le choix des couleurs pour ces derniers est beaucoup plus appréciable que s'ils étaient blancs.

Le narrateur lors d'une altercation au sujet de la fugue et de l'infidélité d'une des clientes, se refusant de juger défend cette dernière, car après tout, nul ne sait ce qui peut se passer dans la tête des gens. Ils font parfois des choses sous l'impulsivité, qui peut être injuste, ou irréprochable. Son discours séduit une vieille dame anglaise d'habitude discrète, elle décidera que cet homme est digne de partager son secret, inavouable, et jusque-là bien gardé.

Si le livre est petit, la qualité n'en est pas moins grande. J'aime beaucoup le style de Zweig, à la fois simple et profond, presque poétique. Il sait, sans utiliser de fioriture, nous faire ressentir, et vivre les situations comme si nous étions nous-mêmes les personnages.
Je pense notamment à une scène bien précise, lorsque Mme C... Lui révèle son secret, elle fait mention des mains des joueurs.


"Et je vis là (vraiment, j'en fus effrayée !) deux mains comme je n'en avais encore jamais vu, une main droite et une main gauche qui étaient accrochées l'une à l'autre, comme des animaux en train de se mordre, et qui se serraient et s'opposaient farouchement, d'une manière si âpre et si convulsive que les articulations des phalanges craquaient avec le bruit sec d'une noix que l'on casse.

C'étaient des mains d'une beauté très rares, extraordinairement longues, extraordinairement minces, et pourtant traversées de muscles extrêmement rigides - des mains très blanches, avec, au bout, des ongles pâles, au dessus nacré et délicatement arrondi. Je les ai regardées toute la soirée, oui, je les ai regardées avec une surprise toujours nouvelle, ces mains extraordinaires, vraiment uniques : mais ce qui d'abord me surprit d'une manière si terrifiante, c'était leur fièvre, leur expression follement passionnée, cette façon convulsive de s'étreindre et de lutter entre elles. Ici, je le compris tout de suite, c'était un homme débordant de force qui concentrait toute sa passion dans les extrémités de ses doigts, pour qu'elle ne fit pas exploser son être tout entier. Et maintenant..., à la seconde où la boule tomba dans le trou avec un bruit sec et mat et où le croupier cria le numéro... À cette seconde, les deux mains se séparèrent soudain l'une de l'autre, comme deux animaux frappés à mort d'une même balle."


Vous l'aurez compris, il est ici question de passion et de folie. La passion du jeu qui entraîne parfois le joueur si loin dans la dépendance, qu'il en devient fou. La passion de la chaire, qui peut nous conduire aux actes les plus fous. Avec cette nouvelle Stefan Zweig nous plonge dans le chaos, des sentiments.

Dans un premier temps, le narrateur, est un homme que l'on peut imaginer être l'auteur lui-même, puisque l'on ne sait rien de lui, ni son âge, ni son nom. Puis ce dernier devient un personnage passif, le temps que Mme C... Révèle son terrible secret. Comment une rencontre, a pue changer son existence en quelques heures. Ou du moins, comment elle aurait pu changer le cours de sa vie. Avec le dernier choix de cette femme, on sent poindre le dénouement dramatique, et je fut surprise qu'elle n'y ait pas songé elle-même. Mais il est vrai que c'était une autre époque. Mme C... Est une femme attendrissante.




En conclusion :


Une histoire passionnante, qui nous montre combien notre vie peu basculer en un rien de temps. La fin est prévisible, mais logique, un très bon classique. 



Morceaux choisis :



"Ceux qui tombent, entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours".


Je trouvais plus honnête qu'une femme suivit librement et passionnément son instinct, au lieu comme c'est généralement le cas, de tromper son mari en fermant les yeux quand elle dort dans ces bras.


Jamais encore, je n’avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudité effrontée…. J’étais fascinée par ce visage qui, soudain, devint morne et éteint tandis que la boule se fixait sur un numéro : cet homme venait de tout perdre !….Il s’élança hors du Casino. Instinctivement, je le suivis…
Commencèrent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin 



On ne vit pareille heure qu'une seule fois dans sa vie, et cela n'arrive qu'à une personne parmi des millions; moi non plus, je ne me serais jamais doutée, sans ce terrible hasard, avec quelle force du désespoir, avec quelle rage effrénée un homme abandonné, un homme perdu aspire une dernière fois la moindre goutte écarlate de la vie; éloignée pendant vingt ans, comme je l'avais été, de toutes les puissances démoniaques de l'existence, je n'aurais jamais compris la manière grandiose et fantastique dont parfois la nature concentre dans quelques souffles rapides tout ce qu'il y a en elle de chaleur et de glace, de vie et de mort, de ravissement et de désespérance. 


6 commentaires:

  1. Il faut vraiment que je le lise, Le joueur d'échec est un de mes romans préférés mais je n'ai pas poursuivi ma découverte de l'auteur...

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  2. ah j'ai adoré le joueur d'échec, si tu te décides à lire celui ci, j'espère que tu l'aimeras tout autant.

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  3. belle chronique! je te conseille aussi La confusion des sentiments de cet auteur!

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    1. merci Isa, je le note pour l'ABC de l'année prochaine ;)

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  4. Kubrick Abraque10/10/14 10:54

    Le joueur d'échecs est tout simplement époustouflant !

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    1. c'est le premier que j'ai lu de cet auteur, et j'ai adoré !

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