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dimanche 20 juillet 2014

Notre île sombre


Couverture Notre île sombre / Le Rat blanc 



Auteur Christopher Priest

Traduit de l'anglais  Par Michelle Charrier

Genre Science-Fiction

Edition : Denoël

Année d'édition : avril 2014

Pages : 202







Synopsis : 



«Je suis sale. J’ai les cheveux desséchés, pleins de sel, des démangeaisons au cuir chevelu. J’ai les yeux bleus. Je suis grand. Je porte les vêtements que je portais il y a six mois et je pue. J’ai perdu mes lunettes et appris à vivre sans. Je ne fume pas, sauf si j’ai des cigarettes sous la main. Je me saoule une fois par mois, quelque chose comme ça. La dernière fois que j’ai vu ma femme, je l’ai envoyée au diable mais j’ai fini par le regretter. J’adore ma fille, Sally. Je m’appelle Alan Whitman… Et je survis dans une Angleterre en ruine, envahie par des populations africaines obligées de fuir leur continent devenu inhabitable.» Notre île sombre est la version révisée du Rat blanc, une œuvre «de jeunesse» datant de 1971. Se situant dans la droite ligne des romans catastrophe de J.G. Ballard et John Wyndham, Christopher Priest y dresse le portrait ironique d’une ancienne puissance coloniale colonisée à son tour. Plus de quarante après sa première édition, Notre île sombre n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Sa critique de l’arrogance des pays du Nord vis-à-vis de ceux du Sud est plus que jamais d’actualité.






Mon avis :



Avant toute chose je tiens à remercier vivement les éditions Denoël qui m'ont permis de découvrir ce livre.



En fait, ce livre, je ne l'ai pas vraiment choisi, je l'avais repéré dans la liste, mais comme je sais qu'en ce moment, je lis plutôt au ralenti entre les démarches pour la scolarité de mon fils, et mon problème aux yeux (vivement, la fin du mois) je lui ai préféré un autre, et suis restée raisonnable enfin, j'ai essayé. Comme le hasard fait bien les choses, le livre souhaité était en rupture, et c'est donc avec une agréable surprise que j'ai découvert ce roman avec les deux autres.

Il me semble, je dis bien, il me semble avoir déjà lu la version originale "le rat blanc", de toute façon si tel est bien le cas cela remonte à mon adolescence, autant dire au temps des dinosaures, trop loin, pour que ma mémoire de poisson rouge s'en souvienne.



Je ne peux pas dire que je trouve cette couverture très, très belle, je pense qu'elle dessert un peu l'ouvrage. Une chose est certaine, c'est que l'on comprend tout de suite qu'il s'agit de l'Afrique.



Les Africains se voient contraints et forcés de quitter leur pays suite à un bombardement nucléaire. C'est donc par cargos entiers qu'ils arrivent en Angleterre. Provocant ainsi la destruction du pays.

Notre héros et narrateur, lui se voit expulsé de chez lui par ces nouveaux arrivants, qui n'hésitent pas un seul instant à s'approprier le bien d'autrui et tout ce que l'Angleterre leur refuse.



La plume de Christopher Priest est plutôt agréable. En revanche, je conseille vivement de lire ce cours roman, au calme, car il demande un minimum de concentration. De la première page à la dernière, tout le récit n'est divisé qu'en sous-chapitre. Un peu comme une nouvelle. Si cela est coutumier, le problème, ici, est que le narrateur passe d'une période à l'autre, régulièrement. Il nous balade de son passé lointain lorsqu'il n'était encore qu'un ado, voir même un gamin pour une des scènes, au passé proche, jusqu'au présent, ou il continue d'évoluer. On passe ainsi d'une période à une autre, sans réelle transition, un peu comme quand on laisse le flot de nos idées suivre leurs cours.



Je ne peux pas vous dire grand chose des personnages, même du héros en lui-même, car rien n'est fait ici pour les rendre attachant. Ils sont là, ils évoluent, mais aucune étincelle ne, c'est formée entre eux et moi.

En revanche, j'aimerais vous parler de l'Avant-propos, car je le trouve vraiment très instructif. L'auteur nous dévoile comment il a conçu le premier jet "Le Ras Blanc", pourquoi avoir eu l'idée de faire envahir l'Angleterre par l'Afrique. Comme il nous le conseille lors de la lecture, il ne faut pas y voir un message politique. C'est sans doute pour ça que les personnages sont si rectilignes. De peur d'être catalogué, il préfère que ces personnages ne soient pas impliqués, qu'ils n'aient aucune opinion.
Lors de cette réécriture, il a voulu délibérément garder l'espace-temps qu'était le sien lors de la première version, c'est-à-dire les années 70, c'est pour ça qu'ici, on ne croise ni téléphone portable. Ni hélicoptère à détecteur de chaleur, ni aucune technologie récente.


En conclusion :


Pour conclure j'aimerai une fois de plus vous parler de l'avant-propos, puisque dedans il y a une anecdote qui m'a marquée, un des journalistes à la sortie du livre avait catalogué l'auteur, au vu de ses écrits comme faisant partie d'un certain groupe politique, quelques années plus tard un autre journaliste l'avait catalogué exactement dans le parti adverse, comme quoi...

Ce n'est certes pas un coup de cœur, mais c'était tout de même une lecture sympathique. Avec une fin assez surprenante et déroutante, que je n'ai pas du tout sentie venir, ou que je n'ai pas voulu croire.


Morceaux choisis :



Rien ne se passa en moi. Je me sentais immunisé à tout, enfin étranger à mes émotions, telle une goule, un vestige de moi-même


Ils arrivaient à la rame, à la nage, en trébuchant, jure et nuit, semaine après semaine. Pendant deux ans. Le continent, désormais inhabitable, dispersait des réfugiés par le monde entier.




4 commentaires:

  1. J'ai beaucoup aimé ce livre il m'a vraiment surpris :)

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    1. Je suis contente qu'il t'ai plu également :)

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  2. j'ai vraiment aimé ce titre (et contrairement à toi, j'adore la couv, mais ce n'est qu'une question de gout) qui donne à réflechir sur nos actions dans un tel contexte !

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    1. :) heureusement qu'on est pas toujours d'accord sur tout (pour la couverture) moi aussi je l'ai bien aimé je l'aurai sans doute plus apprécié si j'avais commencé par celui là.

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