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vendredi 18 juillet 2014

L'affaire Thomas Quick


 

Auteur : HANNES RÅSTAM


Traduit du Suédois Par : Lucas Messmer

Genre : Documents - Essais



Edition : Denoël


Année d'édition :04/06/2014

Pages : 656









Synopsis : 


Thomas Quick est reconnu coupable de huit meurtres, et en confesse vingt-cinq autres. Il est considéré comme le violeur, cannibale et tueur en série le plus impitoyable de l'histoire scandinave. Printemps 2008. Hannes Râstam, journaliste d'investigation, décide de lui rendre visite à Sater, un hôpital psychiatrique de haute sécurité où il est interné à vie. Après l'entrevue, Râstam commence à inspecter tous les documents liés à l'enquête. Il décortique chaque interview, épluche les déclarations du serial-killer, étudie en profondeur les verdicts et les nombreuses reconstitutions des crimes par la police. Il réussit même à accéder au dossier médical de Sater - pourtant supposé disparu - et à des rapports policiers sur l'affaire jusque-là inaccessibles. Rapidement, le doute s'installe en lui: il finit par reconstituer le puzzle et par découvrir l'impensable ... Thomas Quick est innocent. Le mystère de l'affaire s'intensifie et devient plus sombre encore. Car si Thomas Quick n'est pas coupable, qui est donc le véritable et terrifiant meurtrier? Et comment un homme innocent a-t-il pu être reconnu coupable de tels crimes? L'Affaire Thomas Quick est la véritable histoire d'un homme déroutant, instable et ambigu, un coupable idéal, et d'un assassin sauvage qui, lui, court toujours. Et l'histoire a prouvé que Hannes Råstam avait raison puisque, en août dernier, Thomas Quick a été blanchi de toute accusation et s'apprête à commencer une nouvelle vie.



Mon avis :


Avant toute chose je tiens à remercier vivement les éditions Denoël qui m'ont permis de découvrir cet excellent ouvrage. Car sans leur partenariat je serais sans doute passée à côté d'une histoire véritablement passionnante.

Pour une fois ce n'est pas la couverture qui a influencé mon choix, mais bien le titre et une petite phrase tout à fait anodine "L'homme qui fût condamné pour 33 meurtres et qui n'en a commis aucun".

La couverture justement parlons en. Avec cette bi coloration elle donne sans équivoque le ton, rouge sang et noir sombre. Les parfaits ingrédients des thrillers. Cette couverture a également la particularité de présenter une scissure, offrant en haut une voiture, et en bas un visage, mais c'est surtout le regard de ce personnage, qui capte le notre. Avec cette disposition je me doutais que la voiture avait son importance, et pourtant ce n'était pas celle que je pensais.

Hannes Råstam était un journaliste d'investigation, habitué à faire la lumière sur des affaires complexes. Pour autant au moment des faits, il ne s'est jamais vraiment intéressé au cas Thomas Quick, même lorsque une polémique s'est amplifiée traitant Thomas Quick de mythomane.


En acceptant la proposition faite par une de ses connaissances, d'enquêter sur cette affaire Hannes Råstam, était loin d'imaginer qu'il devrait démêler un vrai nœud de vipères. Loin de supposer que la vérité dépasserait l'entendement, et que cette dernière ne serait pas agréable pour tout le monde. Même et surtout pour ceux qui l'a réclamait.

L'enquête fut longue et fastidieuse pour notre journaliste et auteur. Et c'est le détail de cette enquête qu'il nous fait vivre ici en trois volets.


Tout d'abord, il nous relate sa courte visite au criminel, et nous explique succinctement, les différents crimes, dans toute leur atrocité, et les faits qui ont permis de l'inculper.

Puis en seconde partie, il détaille de façon très approfondie ce qu'il appelle "Une vie de mensonge", comment Sture Bergwall(de son vrai nom) est devenu petit à petit Thomas Quick, le nom qu'il s'était choisi afin de revendiquer ses crimes, comme on choisit un nom de plume. Et là, un dilemme s'ouvre devant moi, vous dire en détail ce que comporte cette seconde étape, et par là, gâcher le plaisir avec un risque de spolie, ou au contraire attiser juste votre curiosité, afin de vous donner l'envie de découvrir par vous-même cet excellent ouvrage.


On dit souvent que toute vérité n'est pas bonne à dire. Moi, j'ajouterai attention également aux mensonges, ces derniers peuvent vous conduire très loin. Ainsi, Sture Bergwall alias Thomas Quick, a perdu 20 ans de sa vie, à cause d'un mensonge, qui en a entraîné un autre puis un autre, un autre, et encore un autre, ainsi de suite. Sans Hannes RåstamSture Bergwall serait sans aucun doute toujours interné.


Lors de sa première visite Hannes Råstam, s'attendait à trouver un déséquilibré mental, limite dangereux, c'est un homme calme et posé qui lui a fait face. Qui de plus à pleinement conscience, de ce qui l'entoure.



" - Ma journée commence à 05h29 précises. La plupart du temps, je me réveille de moi-même, sinon, c'est le réveille-matin qui s'en charge. J'écoute les informations d'Ekot à la radio et je me lève à 05h33. Ensuite, je me rends à la cantine pour chercher du café et du lait. Je suis tellement ponctuel que les gardiens disent qu'ils peuvent se fier à moi pour régler leur montre ! (...) À 06h05 pile, je sonne pour qu'on me laisse sortir. Pas une minute plus tard ! C'est le seul moyen de survivre, ici, a-t-il expliqué. Il faut avoir une routine bien rodée. Extrêmement bien rodée !
J'ai hoché la tête en signe de compréhension.

- Aujourd'hui, ça fait deux mille trois cent soixante-sept jours de suite que je fais ma petite promenade dans la cour. Tous les jours. (...) A 07 h 25, je prends ma douche et je bois un café en lisant les journaux. Puis je me mets au travail sur mes mots croisés. Je suis abonné à beaucoup de magazines. Je n'ai jamais laissé une grille inachevée. Il me faut parfois plusieurs jours pour parvenir au bout des plus difficiles, mais j'y arrive toujours. Je les envoie parfois, sous un nom d'emprunt pour ne pas attirer l'attention, et j'ai remporté de nombreux petits prix, des tickets de loto ou des trucs du genre. C'est comme un travail. Les mots croisés m'occupent de 8 h 30 à 16 heures (...) A 18 heures, je me retire dans ma chambre et, à partir de ce moment-là, je ne veux plus qu'on vienne me déranger. C'est à ce moment-là que commencent les routines du soir, qui consistent principalement à regarder la télévision. A 21 h 30, je vais me coucher et, à 22 heures, j'éteins les lumières et je m'endors."
Deux questions viennent tout de suite à l'esprit : 1) Pourquoi ? ; 2) Comment ?
Pourquoi a-t-il été condamné si ce n'est pas lui le coupable, et après un tel discours le lecteur, tout comme le journaliste, doutent de plus en plus de sa culpabilité.

Comment peut-il connaître les infimes détails que seul, la police et les enquêteurs connaissent s'il est innocent. S'il les connait, alors même que la presse n'en a jamais eu connaissance, c'est forcément qu'il est coupable.

Toute la seconde partie est consacrée à éclaircir, ce mystère et à répondre aux deux questions. Sans le savoir Hannes Råstam a mis le doigt, là où ça fait mal. Pensant mettre à nu un sérial killer, c'est toute une machination qu'il lui faudra mettre au jour.

C'est ce à quoi est consacrée la troisième partie, mettre en avant les vrai, coupables, pas ceux qui ont perpétré ces horribles crimes, non eux courent toujours, mais ceux qui ont laissé, voir poussés, Thomas Quick à être condamné.

C'est en deux mots que je vous parlerai des personnages autres que l'auteur. De Sture Bergwall aux juges, en passant par son avocat et ses médecins, tous ont eu pour seule ambition dans cette affaire, la reconnaissance de l'autre, les honneurs et la gloire. Et ils ne resteront tristement célèbres que par leur manipulation et leurs mensonges.




En conclusion :



Thomas Quick fut reconnu coupable de 33 crimes tous plus odieux les uns que les autres, il fut condamné pour 8 d'entre eux. Alors même qu'il n'en a commis aucun, et que les vrais coupables eux courent toujours.

Le récit détaillé, de l'enquête mené par Hannes Råstam, afin de faire toute la lumière sur la triste affaire Thomas Quick. Passionnante, envoûtante, cette enquête ce lit comme un thriller.
Avec en cadeau, une fresque chronologique et un épilogue, qui répond à notre attente, sur la liberté de Thomas Quick.

Un scandale judiciaire aberrant. Un des meilleurs livres lus depuis le début de cette année. Une histoire vrai qui me fait penser au film "vole au dessus d'un nid de coucou"


Morceaux choisis :


N'importe qui peut être un tueur en série. Vous, moi, le voisin ou votre conjoint.


A Säter, Sture Bergwall avait été affecté à un servic s'occupant de criminels graves. Le statut des patients était fonction de l'intérêt que présentaient leur histoire personnnelle et leurs crimes. A ce niveau-là, Sture faisait pâle figure.



Elle citait un versde Karin Boye, poète suédoise : "Bien sûr il est un but, un sens à nos actions _ mais c'est la façon qui mérite l'attention."

Quel qu'en soit le résultat final, il me faudra me contenter de cela. Seppo et moi avons prévu une échappatoire. Nous en ignorons la destination, mais peut-êtrepasserons nous par Säter. [...] La situation nous dépasse, les "enjeux" sont colossaux. Heureusement que nos voisins n'ont aucune dette publique.

Ici prend fin ce journal, le mardi 4 juin 1996
     Anna Wikström, inspecteur de la police judiciaire


(...) Il a pris deux comprimés de 1mg de Xanax, et s'est senti mieux au bout d'à peu près quarante-cinq minutes. Il restait toutefois épuisé et léthargique. Aux alentours de 19 heures, le docteur Erik Kall lui a prescrit trois comprimés de 300 mg d'Heminevrin pour la nuit, et a demandé qu'on le surveille. Thomas faisait montre de sérieuses pulsions suicidaires. Le soirs, il était complètement sous l'influence des médicaments, mais restait capable de se contrôler. Il a écouté de la musique et a tenu une discussion normale avec des membres du personnel. Il a toutefois fait une nouvelle crise vers 18 heures. Forte dépression et larmes abondantes. Nouvelle prise de deux comprimés de 1 mg de Xanax. Avec l'assistance du personnel soignant, il est revenu à lui. A 20 h 50, il a pris trois capsule de 300 mg d'Heminevrin. Il a dormi jusqu'à une heure du matin. A son réveil il souffrait de maux de tête. Il a pris deux comprimés de paracétamol, 5 mg de Voltaren et 1mg de Xanax après environ une heure. Il s'est endormi entre 3 heures et 7 heures. Après sa séance de thérapie ce main, il avait du mal à se déplacer et à bouger. Son corps ne lui obéissait pas, prise de deux comprimés de 1 mg de Xanax. Au bout d'une heure, il s'est senti mieux. Il s'est allongé sur son lit pour se reposer. Lors de l'inspection, il a été décidé de le maintenir sous surveillance jusqu'à nouvel ordre.


7 commentaires:

  1. J'aime pas trop les histoires mais tu tilles ma curiosité . Je le note .

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  2. Réponses
    1. Je ne dirais qu'une chose : Laisse toi tenter ;-)

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  3. Je note car je me suis promis de découvrir les polars suédois

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  4. un coup de coeur pour moi aussi mais il faut s'accrocher

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