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vendredi 27 décembre 2013

La route napoléon


LaRoute Napoléon



Auteur : Max Gallo

Genre : Historique

Editeur : Robert Laffont

Année d'édition :  1987 pour cette édition

Pages : 406




Synopsis :


" J'avais dix-sept ans en 1789 "... Ainsi parle Louis Villeneuve de Thorenc, dernier héritier d'une des plus anciennes lignées de la noblesse provençale qui, quarante ans plus tard, porte un regard lucide sur sa vie. A l'image de son époque, elle n'est qu'un tissu de passions et de contradictions. Des lits de servantes aux couches des belles aristocrates, il aima, se crut aimé, se découvrit berné. Ballotté entre un passé éclaté et un futur incertain, il subit de plein fouet les secousses de la Révolution qui, depuis Paris, ébranlent l'Europe. Sur les routes de l'exil, d'Italie, d'Allemagne ou de Russie, il croise le comte de Provence et le comte d'Artois, futurs rois de France, et des chefs révolutionnaires, il rencontre même Napoléon. Mais il ne tarde pas à apprendre que les ambitions personnelles sont plus fréquentes que les convictions. Il y a du Fabrice del Dongo dans Louis Villeneuve de Thorenc et du Stendhal dans Max Gallo qui court la poste aux côtés de ses personnages, soucieux de percer le secret de leur vie. Jamais il ne tranche. Mais il sait animer cette époque si romanesque qu'il semble suffire de puiser dans l'Histoire pour faire surgir les plus incroyables aventures, les plus folles passions.




Mon avis :


Tout est dit dans le synopsis. À l'exception, toute fois du pourquoi ce titre, il s'explique dans le prologue. Car ce n'est pas comme je le pensais à première vue l'histoire de Napoléon, mais bien celle de Louis Villeneuve de Thorenc.

Louis Villeneuve de Thorenc est un jeune homme torturé, qui souffre du peu d'intérêt que lui témoignent ses parents. Son père surtout, qui le trouve trop efféminé, il voudrait voir en lui un homme un vrai. C'est justement ce que lui reproche sa mère, cette dernière le rejette prétextant qu'il n'est qu'un libertin, tout comme son père.

À travers cette famille, Max Gallo nous entraîne dans les pas de la révolution, mieux il nous en explique l'embrasement, ainsi que les réactions des bourgeois, qu'ils soient réformistes comme Alexandre Villeneuve de Thorenc, le père de notre narrateur, cet aristocrate libertin et philosophe ira jusqu'à renier son titre devant le roi à l'appel du peuple, et demandera à son souverain d'en faire autant.

C'est dans ce conteste que commence cette histoire romancée. Louis Villeneuve de Thorenc qui n'avait d'autres soucis que l'amour de ses parents se retrouve au cœur d'un tourbillon qui le dépasse.
Le peuple ne supporte plus la misère dans laquelle les intempéries des derniers mois les ont projetés. Il n'hésite plus à lever la main sur leur maître.

Alors qu'Alexandre de Villeneuve de Thorenc se rend à Paris, lors des états généraux espérant ainsi calmer les choses, sa mère Thérèse Moretti de Bar l'entraîne dans l'émigration.
Son périple commencera à Nice, puis Turin. Et ce sera l'Europe, avec l'Italie, l'Allemagne, les bords de la Baltique et ceux de la mer noire.

La route Napoléon est mon premier livre de Max Gallo, je connaissais sa réputation, et je craignais sa plume, il y a deux types d'auteur dit historique, les pompeux et barbant, qu'on lit et dont on ne retient quasi rien, et les autres qui savent nous porter, ils nous font remonter le temps, et leurs héros prennent vie. Dans cet ouvrage Max Gallo, est de cela. Je me suis tout de suite attachée à ce jeune Louis, sans doute parce que l'homme qu'il est devenu et qui nous parle dans le prologue est encore plus touchant. Jeune, Louis est introverti, souvent déchiré entre ses convictions et la réalité, à l'inverse de son père, il subit les événements.
Autre personnage clé, que j'ai beaucoup apprécié, c'est Isnard, l'un des paysans de la maison des Villeneuve de Thorenc, qui prendra les armes en devenant soldat, de la révolution d'abord puis de l'Empereur, qui saura rester fidèle à l'un comme à l'autre.

En conclusion :



Un livre passionnant sur la révolution et ses conséquences, aux nombreuses conspirations qui vous tiennent en haleine. Parfois un peu dur à suivre, mais jamais ennuyeux, le seul reproche qu'on pourrait faire concerne le titre, je le trouve mal choisis, d'autant que nombre de lecteurs délaisse les prologues.Et puis cette couverture est d'un ennui !


Morceaux Choisis :



Mais comment pouvait-on nous oublier, nous, les Villeneuve de Thorenc qui possédions les terres à labour, les pâturages, les oliviers, les châtaigniers, qui louions la ferme sur le plateau de Thorenc et celui de Caille, qui percevions la taille, affermions pour six cents livres par an les moulins, qui pour cent cinquante livres accordions le droit d'avoir dans les maisons un petit four de trois carreaux d'un demi-pied chaque, pour y cuire pâté, galettes et tourteaux, nous qui pouvions exiger la corvée de charrois et à bras, et feu le régisseur Beaussant ne s'en privait pas quand il fallait remplir les réserves de bois, cueillir les olives entre Cabris et Tignet ? Et nous avions bien sûr le droit de chasse et de pêche et même, et Beaussant voulait le remettre en usage régulier, le droit de boucherie et celui de prendre la langue de toutes les bêtes tuées. Nous pouvions prélever une portion des fruits des récoltes et nous avions droit sur les terres incultes et désertes et sur les accrues par alluvions. Le privilége de colombier nous était réservé et nous en possédions un dans l'une des cours du Castellaras de la Tour. Et nous avions dans toutes les églises de notre fief, droit de banc et sépulture au chœur, d'encens et de prière nominale.




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